Synthèse
3 min
07/06/2019

L’humain, l’avenir de l’IA

Suscitant de nombreux fantasmes, l’intelligence artificielle, « IA », est aujourd’hui une réalité. Dans l’entreprise, on assiste à une prise de conscience générale sur l’importance de son développement. Pourtant, l’IA n’est pas encore suffisamment considérée aujourd’hui comme un enjeu stratégique. Il s’agit donc pour les entreprises d’agir maintenant pour se transformer. Mais avec quels impacts sur l’organisation du travail, la nature des emplois et le capital humain ?

69% des managers estiment que l’Intelligence Artificielle (IA) va fortement impacter leur entreprise. Pourtant seuls 18% des dirigeants interrogés considèrent aujourd’hui l’IA comme un sujet stratégique pour leur entreprise. Ce chiffre devrait néanmoins doubler d’ici cinq ans. C’est ce que révèle la 2ème édition du baromètre sur l’IA et le capital humain, réalisé par le Boston Consulting Group (BCG) et Malakoff Médéric Humanis. 

3 grands constats sont à retenir de l’étude

Au cœur des préoccupations de l’entreprise, l’éthique

Les questions éthiques sont au cœur des préoccupations des entreprises et de leurs dirigeants. Ces derniers en font leur premier sujet d’inquiétude, devant les impacts possibles sur le lien social ou encore la dimension humaine du travail. Le DRH, les managers et les salariés sont quant à eux principalement préoccupés par la disparition des métiers existants avec le déploiement de l’IA dans leur entreprise.

Les questions éthiques restent tout de même une inquiétude partagée et se classent respectivement au 3ème rang pour les DRH et au 5ème rang pour les managers et les salariés.

78% des dirigeants estiment aujourd’hui que c’est le rôle des directions des Ressources Humaines de lutter contre les biais éthiques qui pourraient être introduits par l’IA. Cela est d’autant plus vrai pour les entreprises les plus avancées en matière d’IA.

« Ces changements organisationnels majeurs prennent du temps et leur réussite dépendra majoritairement de leur accompagnement managérial. » précise David Giblas, Directeur Innovation Digital et Data de Malakoff Médéric Humanis. « Il s’agit de permettre aux salariés et managers d’adapter l’IA à leur quotidien, de constater en quoi celle-ci modifie les manières de travailler et permet de créer de la valeur ajoutée. Cela permettra de démystifier le pouvoir de l’IA auprès des salariés. »

Des perceptions différentes sur l’impact de l’IA

Au-delà de l’éthique, les impacts de l’IA sont aussi au cœur des réflexions portant sur la nature des emplois et sont appréhendés différemment.

Les prévisions diffèrent selon les salariés et les managers et les dirigeants

43% des salariés redoutent la suppression d’activités par l’automatisation de certaines fonctions. Cette perception négative met en exergue le besoin de « démystification » des enjeux de l’IA auprès des salariés.

Chez les managers et les dirigeants, la vision est plus optimiste. Pour eux, l’IA va faire apparaître de nouvelles activités liées à l’exploitation de la data et créer une hybridation de plusieurs activités articulant intelligence humaine et artificielle …

L’hybridation (aide à la décision, facilitation) et la création de nouvelles activités sont les impacts les plus anticipés dans les cinq ans à venir par les dirigeants (respectivement 62% et 60%) et les managers (respectivement 64% et 68%).

Ces prévisions diffèrent également selon les secteurs

64% des BETIC* anticipent nettement plus l’évolution vers de nouvelles activités, soit 13 points de plus que la moyenne des entreprises interrogées, et 54% vers des activités hybridées (soit 6 points de plus que la moyenne).

• 54%  des entreprises de l’industrie lourde  estiment que l’IA aura un impact sur de nouvelles activités, 46% à anticiper l’hybridation d’activités et 44% la suppression d’activités. Elles se retrouvent quant à elles dans la moyenne des autres entreprises interrogées.

Le rôle central  du DRH dans l’adoption de l’IA

Les fonctions managériales, et notamment les DRH, ont un rôle majeur à jouer dans le déploiement de l’IA et son adoption par tous au sein de l’entreprise. Captation des talents, gestion des compétences, gouvernance, santé et qualité de vie au travail … 70% de la réussite dépend de l’accompagnement managérial.

Des attentes fortes vis-à-vis des DRH

87% des dirigeants estiment que c’est le rôle des Ressources Humaines d’identifier les évolutions des compétences nécessaires

80% d’entre eux jugent qu’elles doivent accompagner les responsables de l’entreprise dans la prise en compte de l’IA.

En complément, les dirigeants attendent également des DRH qu’ils analysent et anticipent l’impact de l’IA sur la santé et la qualité de vie au travail (83%), qu’ils luttent contre les biais, par exemple de discrimination,  pouvant être induits par l’IA (78%) et qu’ils intègrent l’IA dans le dialogue social de l’entreprise (78%).

Les attentes vis-à-vis des DRH sont notamment plus fortes au sein des entreprises pionnières sur le thème de l’IA et les DRH y sont considérés comme mieux armés en termes de compétences et d’outils (17 points d’écart au niveau des dirigeants).

Un DRH démystificateur et facilitateur

Tout d’abord, le DRH doit avoir un rôle de démystificateur auprès des salariés.
Les enjeux de l’IA sont certes mieux perçus que l’an dernier – 86% des salariés connaissent la notion d’IA soit cinq points de plus qu’en 2018. Il n’en reste pas moins que 40% des salariés seulement se déclarent prêts à appliquer des décisions prises par l’IA (7 points de plus qu’en 2018).

Une fois la confiance amorcée et établie auprès des salariés et managers, le DRH doit avoir un rôle de facilitateur en aidant à la structuration d’une filière data, aux formations sur les « bases » de l’IA, aux réflexions sur les enjeux éthiques et à l’accompagnement des premières équipes métiers introduisant l’IA dans leurs processus.

 

Méthodologie
Ce baromètre sur l’impact du déploiement des technologies d’IA sur le capital humain des entreprises est réalisé conjointement par Malakoff Médéric Humanis et le Boston Consulting Group. Il a été mené auprès de plus de 1800 personnes– dirigeants, managers et salariés sur l’impact de l’IA en entreprise. Ce recueil a été réalisé par téléphone auprès de dirigeants d’entreprises privées ou publiques de plus de 50 salariés (hors fonction publique et éducation nationale) et par une enquête en ligne auprès de managers et de salariés d’entreprises privées ou publiques de plus de 50 salariés (hors fonction publique et éducation nationale) du 11 au 30 avril 2019.

*Bureaux d’étude technique, ingénieur conseil, numérique, etc. –  La Branche BETIC, regroupant les organisations professionnelles SYNTEC et CINOV, représente plus de 837 000 salariés, 77 900 établissements et 110 milliards de chiffres d’affaires en France

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