Bookroom
3 min
07/06/2019

Vers une démystification de l’IA

Demain, les intelligences artificielles seront partout. Mais saurons-nous vraiment les utiliser ? Et exploiter tout leur potentiel si nous en avons peur ? Parce que l’humanité évolue au contact de son environnement, le paléoanthropologue Pascal Picq nous invite à repenser notre rapport aux IA.

Dans la famille des cauchemars dystopiques de notre époque, je demande l’intelligence artificielle qui renvoie l’humanité à l’âge de pierre ou la réduit en esclavage. Depuis les premières prouesses des logiciels Watson et Deep Blue il y a vingt ans, le monde se divise en deux catégories : d’un côté, ceux qui ont foi en un progrès technologique capable de résoudre les crises actuelles, de l’autre, ceux qui craignent une supériorité écrasante des algorithmes.

Changer de regard sur l’intelligence artificielle

Le monde de demain ne se fera pas sans intelligences artificielles. Mais pourrait-il se faire sans humains ? La vitesse avec laquelle l’intelligence artificielle se développe dans tous les secteurs et sa capacité à accomplir des tâches auparavant dévolues à l’homme nous interroge, nous effraie parfois : et si demain, nous étions remplacés par des machines ?

Une crainte toute occidentale, selon Pascal Picq, paléoanthropologue et maître de conférence au Collège de France.

« En Occident, nous avons toute une tradition qui consiste à asservir la nature et inférioriser les animaux. Or, la manière dont une culture regarde les animaux explique la manière dont elle va regarder les machines », explique-t-il.

Dans son essai L’intelligence artificielle et les chimpanzés du futur. Pour une anthropologie des intelligences, le paléoanthropologue pense l’IA avec une approche évolutionniste, comme une intelligence parmi d’autres, celles des humains et des animaux, et plaide pour une meilleure collaboration entre ces différentes intelligences. « Il y a urgence à reconsidérer les perceptions des intelligences artificielles et animales. Si nous ne sommes pas capables de comprendre les intelligences animales, surtout celles qui sont proches de nous comme les chimpanzés, on ne va pas s’amuser avec l’intelligence artificielle », prévient-il.

Unir les intelligences pour répondre aux enjeux de demain

Or, impossible de faire sans l’intelligence artificielle : elle sera partout ! Nous allons donc co-évoluer avec elle, prophétise Pascal Picq, comme nous continuons à co-évoluer et à nous adapter à ce qui nous entoure : changement climatique, effondrement des biodiversités et nouvelles technologies, donc. Alors que s’ouvre une nouvelle ère où convergent enjeux environnementaux, sociétaux, numériques et culturels, l’humanité ne pourra pas y répondre seule. Pour continuer leur route et faire face aux défis de demain, intelligences humaines, animales et artificielles devront s’associer. Alors on se relève les manches et on s’y met !

Que reste-t-il aux humains pour se distinguer ? Des valeurs sociales comme l’empathie, la confiance et l’interaction avec l’autre. Demain, vous n’irez plus consulter votre médecin généraliste pour son expertise médicale, l’IA le fera mieux que le lui, mais parce qu’il vous écoute, vous rassure et que vous avez un lien de confiance très fort avec lui.

Le contact, le social, voilà la clé de notre intelligence. Et gare à nous si nous l’oublions, avertit Pascal Picq lorsqu’il décrit le syndrome de la Planète des singes qui nous guette :
« Notre cerveau est un cerveau social qui doit continuer à fonctionner : être intelligent, c’est être capable d’interférer avec les autres intelligences. Or, nous sommes tentés de laisser les machines faire à notre place. Mais si nous sombrons dans la facilité, la paresse et le confort, c’est le syndrome de la Planète des singes. »
En clair, l’abandon de tout effort intellectuel au profit de l’automatisation pourrait bien représenter un plus grand danger qu’un éventuel soulèvement des machines !

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