Bonnes pratiques

Absentéisme : déceler les signes avant-coureurs pour mieux prévenir

Manque de motivation et d’entrain, retards répétés, baisse de régime… l’absentéisme est souvent la conséquence d’un mal-être au travail qui s’exprime à travers différents signes et d’un changement de comportement. Comment repérer un salarié sur le point de décrocher ?

La règle des 3 « i »

Instabilité, irritabilité, isolement… Trois signes qui ne trompent pas, selon Adrien Chignard, fondateur du cabinet de conseil et d’accompagnement Sens et Cohérence : votre salarié se désinvestit. « Le collaborateur qui ne vient plus à la cantine, boude les réunions ou les moments festifs et commence à mentir pour éviter ces rendez-vous… Peut-être se cache-t-il pour souffrir. Or, l’isolement est un signal d’alarme important car c’est une double peine : non seulement on se replie sur soi, mais en plus on ne peut pas bénéficier du soutien social de ses pairs », alerte ce psychologue du travail.

« Quant à l’irritabilité, elle est le signe d’un trop-plein, d’une difficulté à prendre de la distance, où chaque parole peut être mal prise et vécue comme une agression », poursuit-il. Enfin, l’instabilité rend le collaborateur imprévisible. « Les colères ou les crises de larmes subites signent aussi une « instabilité de l’humeur » révélatrice », note Adrien Chignard.

Plus qu’un vague à l’âme ou un coup de mou qui peut affecter tous les salariés, ces signes sont à observer dans la durée, avec un changement brusque de comportement.

Qualité du travail altérée, attention danger

« Les trous de mémoire, les fautes d’attention, les erreurs répétées sont aussi des indices », souligne encore Adrien Chignard. Tout ce qui altère la qualité du travail est à prendre en compte car cela traduit généralement un désinvestissement progressif, voire déjà bien entamé. « On met de soi dans ce que l’on fait, poursuit-il. Or, si on nous demande de dégrader la qualité de notre travail pour des raison de coûts et de délai, alors c’est l’image que l’on a de soi que l’on dégrade également et on se met en retrait. »
C’est ce que le sociologue Robert Karasek appelle le job strain ou tension au travail : une situation à risque apparaît dès lors qu’un salarié est tiraillé entre une forte exigence de productivité et une faible marge de manœuvre. Résultat : « Les collaborateurs désinvestissent le travail et reviennent à une exécution pure et simple, à la tâche », ajoute Sabrina Rouat. Ils font ce qu’on leur demande, rien de plus. Ce sont des personnes qui ne prennent plus d’initiatives et ne sortent plus de leurs tâches. Et cela est contre-productif, prévient-elle : « Pour que le travail fonctionne, pour qu’une entreprise soit performante, il faut justement que les travailleurs sortent de leurs tâches et de la simple exécution qui est attendue d’eux. »

Gare au présentéisme !

Le présentéisme est l’arbre qui cache la forêt. Horaires à rallonge, déconnexion impossible et travail à la maison, sans parler des arrêts de travail non pris, en particulier chez les managers… le culte du présentéisme est encore fortement ancré en France. « Il est pourtant bien souvent le signe que quelque chose ne va pas, et précède souvent l’absentéisme pour cause d’épuisement professionnel », note Kévin Dufrenoy, psychologue du travail.

Observez la dynamique collective

C’est ce qu’Adrien Chignard appelle « la reconnaissance existentielle. » « Cela s’exprime par la politesse, le respect, la tolérance et l’écoute, souligne Adrien Chignard. Les services où cette reconnaissance existentielle est déficitaire se remarquent généralement par des éclats de voix, des conflits, des menaces ou de l’hostilité. Est-ce que les salariés s’écoutent ou est-ce qu’ils lèvent les yeux lorsque leur collègue parle ? Cette conflictualité est le signe de tensions au niveau du collectif, c’est également un facteur d’absentéisme. »

De même, des changements fréquents et mal accompagnés qui affectent tout un service, voire toute une entreprise (déménagement, restructuration, achat, plan social…) peuvent générer mal-être et absentéisme.

An-ti-ci-per les périodes de tensions

Quand donner l’alerte ? Quand agir ? Directrice des ressources humaines du centre hospitalier universitaire de Toulouse, un secteur où la question de l’absentéisme et de la gestion des plannings est cruciale, Vanessa Fage-Moreel prône une meilleure anticipation. « Il faut travailler sur les signes avant-coureurs à la souffrance au travail, avant que la fatigue et le stress ne s’installent, expliquait-elle récemment à La Dépêche du Midi. Il nous faut mieux anticiper les périodes de tensions pour renforcer nos équipes quand c’est nécessaire et non au dernier moment. »

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