En un coup d'oeil

L’allongement de la vie pro : Au sommaire

Les quincas sont-ils des collaborateurs comme les autres ? Pour le savoir, Malakoff Médéric Humanis s’est intéressé à la place des 55 ans et plus et comment les entreprises prennent en compte l’allongement de la vie professionnelle. Focus sur notre dossier spécial consacré aux quincas en entreprise.

Quelle est la place des quincas dans l’entreprise d’aujourd’hui ? Comment envisagent-ils leur avenir professionnel dans un monde du travail en profonde mutation ? Comment les entreprises prennent-elles en compte la problématique de l’allongement de la vie professionnelle ? Entre valorisation de leurs compétences et amélioration des conditions de travail via des actions de prévention santé et QVT,  les entreprises sont appelées à mieux anticiper les enjeux liés à la gestion des âges.

Une étude qui pose des enjeux RH à anticiper

L’allongement de la vie professionnelle est loin d’être une source de sérénité. 34% des salariés – tout âge confondu – se disent inquiets et 60% des dirigeants se disent préoccupés par l’allongement de la vie professionnelle[1]. Notre étude révèle en effet que la première inquiétude des salariés concerne leur santé.

Ainsi, 8 salariés sur 10 craignent d’être confrontés à la fatigue physique (ou psychique), à des problèmes de santé ou à une usure professionnelle. De leur côté, plus de la moitié des dirigeants redoute la hausse des arrêts de travail et un tiers d’entre eux souhaite être accompagné dans la mise en œuvre de plans d’actions. Bref, bien vieillir au travail, ça se prépare.

 

Mais loin d’être seulement un coût, les salariés plus âgés sont aussi et surtout perçus comme un atout pour l’entreprise. 92% des dirigeants apprécient leurs compétences et leur expérience, leur autonomie et leur capacité à prendre du recul (89%) et leur fort investissement personnel (78%).

Reclassements, aménagement des fins de carrière ou du temps de travail, transmission des compétences, tutorat/mentoring, dispositif spécifique pour les aidants… l’étendue des actions pour garantir QVT et employabilité des seniors sont nombreuses, à chaque entreprise de piocher dedans pour proposer son accompagnement sur-mesure et le plus en amont possible !

Mais c’est là où ça se complique car peu d’entreprises se sont encore saisies du sujet. Car seuls 21% des dirigeants interrogée déclarent avoir mis en place des actions spécifiques et 32% d’entre eux souhaitent être accompagnés.

L’avis de l’expert : Richard Abadie, président de l’ANACT

Bien plus qu’une considération RH, l’allongement de la vie professionnelle devient un sujet de plus en plus stratégique pour les entreprises. Une meilleure prise en compte de l’AVP permet d’éviter la multiplication de situations de fragilités (usure, fatigue, problèmes de santé…) et la hausse du nombre d’arrêt de travail/ de maladie. Mais pour cela, la balle est dans le camps des dirigeants.

« Les entreprises doivent placer les conditions de travail, la santé, et le développement des compétences au cœur des dispositifs anticipant l’allongement de la vie professionnelle », argumente Richard Abadie. S’il salue les actions menées, le président de l’ANACT déplore toutefois un certain manque d’anticipation.

Richard Abadie précise que les mesures préventives doivent être prises “avec le double objectif de limiter les situations d’inaptitude chez les salariés vieillissants ainsi que l’usure prématurée des plus jeunes. » Bref, il est temps de changer de logiciel si on veut mieux anticiper les enjeux liés à la gestion des âges !

Le bon exemple : Convers, une PME engagée

Convers est un centre d’appels comme nul autre probablement. Son patron Philippe de Gibon a fait de l’emploi des seniors son cheval de bataille.

Résultat : 30% de salariés de 45 ans et plus émargent aujourd’hui dans l’entreprise de 200 personnes. Un pari en forme de pied-de-nez aux préjugés. « Quand on a créé Convers, on a tout pris à contre-pied. Sur les méthodes de recrutement, de management, d’évolution et de mobilité, on s’est dit : on va faire autrement », explique la DRH, Anne Cagnard. Et ça marche !

Selon elle, « l’avenir de ce métier va passer obligatoirement par l’intergénérationnel, la formation et le management. »

Autant de domaine que Convers s’échine à réinventer. Ainsi Convers propose un contrat de travail qui permet aux salariés de choisir eux-mêmes leurs horaires de travail, de 8 h à 20 h, avec la possibilité de changer leur nombre d’heures contractuelles deux fois dans l’année. Quand la maturité profite à tous !

Le livre du moment sur le sujet

Employeurs, managers et DRH, préparez-vous : les seniors rebattent les cartes du management. Dans son livre, le sociologue Serge Guérin, spécialiste de la société de la longévité, tord le cou à un (mauvais) réflexe qu’ont parfois certaines entreprises : celui de placardiser leurs salariés plus âgés. « Les quincados ne bloquent pas la société, ils contribuent, bien au contraire, à la faire évoluer », défend le sociologue.

Dans l’entreprise, les plus de 50 ans ont aussi leur rôle à jouer.

Les Quincados - Serge Guérin

Pour le sociologue, le véritable enjeu ne concerne pas les capacités des seniors, qui ont passé leur vie à démontrer qu’ils savaient travailler, mais bien le regard que l’on porte sur eux. On commence maintenant ?

Une bonne pratique à chiper ailleurs

Et si les Etats-Unis avaient tout compris ? Alors que certaines projections annoncent que les plus de 65 ans seront aussi nombreux que les 25-44 ans et les 45-64 ans à travailler en 2060, les entreprises américaines multiplient les plans d’action pour embaucher plus de seniors. Certaines revendiquent fièrement leur étiquette “age-friendly”. Le site RetirementJobs.com spécialisé dans l’emploi des seniors en a même fait un label pour distinguer bons et mauvais élèves.

Les meilleurs élèves décrochent ainsi le label “age-friendly”, une distinction honorifique qui pourrait prendre de la valeur alors que se développe la silver economy. Et vous, êtes-vous une entreprise “age-friendly” ?

 

[1] Étude de perception Harris Interactive pour Malakoff Médéric Humanis réalisée auprès de 1 003 salariés et 400 dirigeants d’entreprises privées ou publiques (hors fonction publique et éducation nationale) – du 14 février au 4 mars 2019

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