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La déconnexion pendant les congés : indispensable à la performance !

Nouveau mal du siècle, l’hyperconnexion s’avère particulièrement dommageable pour les salariés en brouillant les frontières entre vie privée et professionnelle et en privant le cerveau de moments de repos réparateurs, notamment durant les périodes de congés. Des solutions cependant se dessinent. Inventaire.

Une nouvelle addiction

Selon la dernière étude Randstad Workmonitor France, 43 % des salariés français estiment devoir rester joignables pendant leurs congés. 37 % déclarent même aimer suivre à distance leurs dossiers en cours. L’explication à ce phénomène porte un nom : l’addiction.

Elle résulte du plaisir généré par la résolution instantanée d’une requête, plaisir que les psychiatres comparent à celui procuré par une drogue et auquel il semble bien difficile de renoncer durant les congés. En témoignent les chiffres révélés par l’étude Next Content pour le comparateur Liligo : 96 % des détenteurs de smartphone l’emportent avec eux en vacances, y ajoutant parfois leur tablette (pour 62 % des détenteurs) voire leur ordinateur portable (42 %).

Dès lors, la tentation est grande d’en profiter pour répondre à ses appels ou consulter ses mails, y compris professionnels. L’éloignement géographique ne faisant plus rempart à l’intrusion de la sphère professionnelle dans la sphère privée, les vacances perdent alors leur fonction première : se ressourcer.

Les effets délétères de l’hyperconnexion

Bien moins anodine qu’elle n’y paraît, cette cyberaddiction professionnelle comporte de nombreux effets délétères, tant pour la santé physique que psychique. Outre-Rhin, ce syndrome, baptisé « laisse électronique » serait à l’origine de l’augmentation spectaculaire des arrêts maladie pour troubles psychologiques, + 40 % entre 2008 et 2011.

Le maintien en alerte permanent du cerveau figure en effet parmi les premiers facteurs de risques psychosociaux (surmenage, burn-out, stress…) et de leurs pathologies corollaires (troubles cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques…).

Sans compter que ce présentéisme numérique favorise encore un peu plus la porosité entre vie professionnelle et privée, également très dommageable au bien-être des salariés.

Vers une connexion encadrée ?

De mieux en mieux identifiés, ces dangers de l’hyperconnexion appellent aujourd’hui les gouvernements et les entreprises à prendre des mesures pour assurer, parfois contre leur gré, la tranquillité des salariés.

Le ministère du Travail allemand étudie actuellement la possibilité d’adopter une loi pour octroyer ce droit à la déconnexion aux salariés tandis qu’au Japon, des réflexions sont en cours pour imposer aux employés réfractaires aux vacances un repos minimal de 5 jours par an.

En France, un premier accord de branche relatif à la Santé et aux risques psychosociaux a ainsi été signé en 2014 par la Fédération Syntec, regroupant plus de 80 000 entreprises de l’Ingénierie, du Numérique, des Études et du Conseil soit 910 000 salariés, qui prévoit notamment « l’instauration d’une obligation de déconnexion des outils de communication à distance ». La toute récente loi Travail, applicable au 1er janvier 2017, prévoit quant à elle l’adoption d’un accord entre l’employeur et les représentants du personnel ou, à défaut, d’une charte stipulant « les dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que de la vie personnelle et familiale ».

Les entreprises se sont elles aussi emparées du problème et sont de plus en plus nombreuses à tenter d’inciter leurs collaborateurs au sevrage digital. Certaines, comme PriceMinister-Rakuten, organisent des demi-journées sans e-mails. D’autres adoptent des solutions plus radicales, comme Volkswagen, coupent leurs serveurs d’entreprise entre 18 h 15 et 7 heures du matin ou le groupe automobile Daimler qui, durant l’été dernier, a fait installer des « assistants d’absence » pour effacer automatiquement les mails des messageries des salariés en vacances et inciter les expéditeurs à contacter un autre interlocuteur ou à réitérer leur envoi au retour de congé du destinataire.

Un engagement personnel

Reste que ces mesures contraignantes sont susceptibles de réactiver le syndrome du FOMO, fear of missing out, peur de manquer quelque chose, commun à nombre de cyberdépendants. La meilleure façon de se prémunir des méfaits de l’hyperconnexion consiste donc à impliquer les salariés et en les enjoignant à se libérer eux-mêmes de cette « laisse électronique ». D’autant que ce recul, indispensable pour évacuer le stress et les tensions accumulées tout au long de l’année, peut également s’avérer très profitable pour le déroulement d’une carrière.

Selon une étude parue dans la Harvard Business Review, s’accorder une trêve pour se ressourcer et prendre un peu de hauteur permettrait d’améliorer sa productivité de plus de 30 % durant l’année. Aux États-Unis, les entreprises en ont pris acte. Les salariés ayant épuisé leur stock de vacances auraient ainsi 6,5 % plus de chances d’être augmentés que leurs collègues laborieux. Un argument de plus pour se mettre sur off cet été.

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