Synthèse
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Notre étude regard croisé dirigeants et salariés sur la confiance en entreprise

Dans l’actualité, les termes « insécurité » et « crise » reviennent fréquemment. Ils ont comme corollaire une défiance envers les institutions et les autorités et égratignent même les perspectives d’avenir. Dans le monde du travail, la donne est différente : l’entreprise devient un lieu où se développe la notion de confiance. C’est ce qui ressort de l’étude menée par l’institut BVA pour Malakoff Médéric auprès de 502 dirigeants d’entreprises et de 1001 salariés.

La confiance, une conception commune entre salariés et dirigeants, avec des différences à la marge

97 % des dirigeants comme des salariés considèrent que la confiance est un sujet essentiel dans la vie professionnelle comme personnelle. La définition qu’ils en donnent spontanément renvoie aux notions de respect et d’honnêteté. Lorsqu’ils doivent évoquer la confiance, 25 % des dirigeants interrogés parlent ainsi immédiatement de respect, puis 20 % d’honnêteté alors que les salariés citent d’abord l’honnêteté (23 %) puis le respect (20 %).

Viennent ensuite les mots de collaboration, de sécurité, et de dialogue chez les dirigeants, mais pour les salariés, ce sont ceux de partage et d’aide, de sécurité, et de fidélité qui priment. Il existe donc une convergence de vues sur la définition de la confiance et de son importance pour l’entreprise. Une importance relevée aussi pour le collaborateur, en sa qualité d’individu, car pour 78 % d’entre eux, le travail est une source de confiance en soi.

97%
des dirigeants comme des salariés considèrent que la confiance est un sujet essentiel dans la vie professionnelle comme personnelle.

Une confiance surestimée par les dirigeants

Salariés et dirigeants considèrent donc la confiance comme un enjeu de performance pour l’entreprise. Si ce point est clairement partagé, les tenants de la confiance ne le sont pas forcément. Pour les dirigeants, elle est rattachée en premier lieu à la satisfaction des clients, puis à la pérennité de l’entreprise et à l’ambiance au travail. Pour les salariés, elle contribue d’abord à l’ambiance, puis à la satisfaction des clients, et enfin, à l’engagement des collaborateurs.

Autre observation clé : les dirigeants surestiment la confiance qui leur est accordée, notamment par leurs collaborateurs. En effet, 95 % des cadres et responsables des entreprises estiment jouir de la confiance de leurs salariés, clients, fournisseurs et actionnaires, or la réalité est plus nuancée : seuls 55 % des salariés ont confiance dans leurs dirigeants, notamment dans leurs capacités stratégiques et opérationnelles. De même, les salariés accordent une confiance plus importante à leurs collègues directs (72 %) qu’à leurs supérieurs hiérarchiques. Enfin, seuls 6 salariés sur 10 estiment pouvoir s’exprimer en toute confiance dans l’entreprise.

6 salariés sur 10
estiment pouvoir s'exprimer en toute confiance dans l'entreprise.

Reconnaissance, écoute et solidarité, les trois leviers pour développer la confiance

Comment alors faire progresser la confiance au vu des enjeux ? Quels leviers actionner ?
42 % des dirigeants pensent que leur exemplarité est le levier le plus efficace pour développer la confiance, viennent ensuite la culture d’entreprise et les valeurs prônées.

En revanche, pour les salariés, ils sont 30 % à considérer que le premier levier de confiance réside dans les pratiques managériales (et notamment la reconnaissance), arrivent ensuite l’exemplarité (pour 25 % des salariés) et la culture d’entreprise (16 %). S’agissant des pratiques managériales, plusieurs lignes directrices sont citées par les salariés et les dirigeants. D’une part, la reconnaissance. Ils sont 92 % des salariés et 99 % des dirigeants à la penser incontournable. Mais les signes qui l’expriment varient entre les deux groupes. Pour les salariés, la reconnaissance doit dépasser le cadre du « bonjour » quotidien, nécessaire mais loin d’être suffisant. Pour 62 % d’entre eux, la valorisation financière est invoquée comme premier élément de reconnaissance dans un contexte où plus de 90 % des salariés ont le sentiment de s’impliquer, mais ils ne sont que 55 % à considérer leur contribution personnelle reconnue et le traitement qui leur est réservé juste et équitable. D’autre part, l’écoute et le dialogue sont cités conjointement par les salariés et les dirigeants. Ils divergent en revanche sur la troisième ligne directrice. En effet, les salariés insistent sur l’esprit d’entraide et de solidarité à 92 % alors que les dirigeants, eux, prônent l’esprit d’initiative. Ces deux approches révèlent une différence fondamentale entre salariés et dirigeants quant à leur appréhension de leur place et des vecteurs de progression dans l’entreprise.

La confiance contribue à l’engagement des salariés

Plus le niveau de confiance des salariés est élevé, plus leur niveau d’engagement sera élevé. Une corrélation forte est observée entre les niveaux de confiance des salariés (envers leurs dirigeants, leur entreprise…) et les indicateurs d’engagements  tels que par exemple « faire en sorte d’améliorer sa façon de travailler » ou « j’ai envie que mes clients soient satisfaits ».

Parmi les salariés confiants (plutôt confiants et très confiant) envers leurs dirigeants, 39% disent avoir vraiment envie d’améliorer leur façon de travailler, versus 26% chez les « peu ou pas confiants ». Parmi les salariés confiants dans la santé économique de leur entreprise, 37% indiquent avoir vraiment envie d’améliorer leur façon de travailler, versus 25% chez les « peu ou confiants », un taux qui monte à 60% lorsque les salariés se disent très confiants dans la santé économique de leur entreprise.

La confiance nourrit donc le lien à l’entreprise, parmi les salariés très confiants en leurs dirigeants, 66% indiquent adhérer aux valeurs de l’entreprise (contre 8% seulement parmi les pas ou peu confiants envers leurs dirigeants).

66%
des salariés très confiants en leur dirigeants indiquent adhérer aux valeurs de l'entreprise.

En conclusion, actionner les leviers de la confiance est primordial aujourd’hui pour les entreprises qui se développent dans des univers complexes et mondialisés. Plus les salariés sont rassurés par leurs dirigeants, plus ils disent avoir envie d’améliorer leur façon de travailler.


Chiffres clés à retenir

  • 97 % des dirigeants comme des salariés considèrent que la confiance est un sujet essentiel dans la vie professionnelle comme personnelle.
  • 95 % des cadres et responsables des entreprises estiment jouir de la confiance de leurs salariés, clients, fournisseurs et actionnaires.
  • 55 % des salariés ont confiance dans leurs dirigeants, notamment dans leurs capacités stratégiques et opérationnelles
  • 42 % des dirigeants pensent que leur exemplarité est le levier le plus efficace pour développer la confiance, viennent ensuite la culture d’entreprise et les valeurs prônées.
  • 30 % des salariés considèrent que le premier levier de confiance réside dans les pratiques managériales(et notamment la reconnaissance), arrivent ensuite l’exemplarité (pour 25 % des salariés) et la culture d’entreprise (16 %).
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