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Pourquoi faut-il valoriser l’autonomie au travail ?

Certaines entreprises françaises peinent à valoriser l’autonomie au travail alors que les start-up ouvrent la voie. L’enjeu est important car l’autonomie, facteur essentiel de la qualité de vie au travail (QVT), est un atout déterminant pour accroître la performance économique et sociale. Quatre points pour comprendre l’autonomie.

L’autonomie en berne

En Europe, la France ne se distingue pas par la capacité de ses entreprises à favoriser l’autonomie de leurs salariés. Selon Eurofound [1], la proportion des salariés qui déclarent pouvoir influencer des décisions importantes pour leur travail est de 31 % contre 40 % pour la moyenne des pays de l’Union européenne. Leur autonomie serait même en recul [2]. De plus en plus de salariés (19,3 % en 2013 contre 14,2 % en 1998) doivent suivre des consignes strictes dans un contexte d’intensification des tâches et de densification des temps. Et 55 % d’entre eux ont le sentiment d’être ou de pouvoir être contrôlés à tout moment [3].  « Ces quinze dernières années ont vu naître des processus très encadrants, liés à la gestion des risques, observe Jean-Marc Dubau, chargé de mission chez Transdev [4], cela a été vécu par les salariés comme la privation d’une certaine liberté. »

40%
La proportion des salariés qui déclarent pouvoir influencer des décisions importantes pour leur travail.
(moyenne des pays de l’Union européenne selon Eurofound)

L’autonomie désirée

Ce constat entre en collision avec un besoin d’autonomie qui va croissant dans une société de la connaissance où les études sont prolongées. L’attente est ainsi forte chez les salariés, notamment chez les 18-30 ans [5]. « Ils sont plus attachés à leur propre autonomie et à l’épanouissement au travail qu’à la valeur travail en elle-même. Dans la hiérarchie des valeurs, le sens prime sur l’effort » note Aurélien Preud’homme, directeur d’études chez Viavoice.

L’autonomie et les nouveaux modes organisationnels

Les entreprises « digital native » ouvrent la voie, en mettant en place de nouveaux modes d’organisation, basés sur la confiance et l’autonomie. Des entreprises traditionnelles, à l’instar d’Airbus, Michelin, Favi ou Valéo, les expérimentent. Avec des bénéfices à la clé en termes de performances comme de QVT. Selon l’institut Gallup, les structures valorisant le plus l’engagement de leurs collaborateurs augmentent leur productivité (+ 21 %) et leur satisfaction client (+ 10 %). Les taux d’absentéisme et d’accidents du travail sont plus faibles que ceux de leurs concurrents (- 37 % et – 48 %). Ces résultats corroborent les travaux de recherche montrant le lien entre autonomie au travail et performance économique et sociale des entreprises.

L’autonomie, idéal partagé

Cependant, pour porter ses fruits, cette approche doit s’appuyer sur un certain nombre de fondamentaux. Il revient au top management d’établir une stratégie et une trajectoire claires et de partager une vision précise des objectifs. Les participants d’un atelier sur le thème de l’agilité au NUMA ont insisté sur le rôle essentiel des managers pour définir « un cadre » sécurisé permettant au salarié de comprendre le rôle et le sens de son travail pour donner le meilleur de lui-même. Il faut veiller au temps et à la transparence pour accompagner les personnes dans ce processus, créer des espaces de discussion, reconnaître le droit à l’erreur,… Autrement dit, être autonome réclame des appuis dans l’entreprise et du dialogue social. Le salarié a besoin de moyens et de reconnaissance pour assumer ses responsabilités. Car l’autonomie est un idéal partagé.


[1] « Work organisation and employee involvement in Europe », Eurofound, June 2013.

[2] Étude « Qualité de vie au travail, un levier de compétitivité », La Fabrique de l’Industrie, Terra Nova, Anact, octobre 2016.

[3] Étude « Santé et bien-être des salariés, performances des entreprises », Malakoff Médéric, 2016.

[4] Article « Les salariés peuvent-ils être autonomes ? », Le Monde, 12.02.2017.

[5] Étude « Les jeunes de 18 à 30 ans face à un travail en mutation », Viavoice-Manpowergroup, j

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Confiance Décryptage

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