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4 min
04/06/2018

Formation professionnelle, un levier pour la QVT ?

Quel est le lien entre formation professionnelle et bien-être au travail ?

Développer les compétences des collaborateurs, c’est contribuer au bien-être au travail. C’est vrai pour les formations techniques. C’est aussi vrai pour « les soft skills », c’est-à-dire les formations améliorant les compétences comportementales.

La formation technique permet à l’individu de maîtriser les tâches qui lui sont confiées, ainsi de préserver son employabilité dans un contexte d’évolution rapide des environnements, et donc d’avoir confiance en lui-même et en l’avenir. Le maintien de l’employabilité des salariés est d’ailleurs une obligation légale pour les entreprises.

Les « soft skills », qui développent les compétences managériales et humaines, ont également un impact important sur le bien-être au travail de tous les collaborateurs. Quand un manager sait donner du sens au travail de son équipe, exprimer ses qualités de leadership ou même gérer son propre stress, cela a un effet bénéfique sur l’atmosphère générale et impacte positivement la productivité de l’entreprise.

 Le lien entre formation professionnelle et bien-être au travail est-il facilement admis ?

La préoccupation du « bien-être au travail » est en réalité très récente en France, à la différence des pays anglo-saxons, où ce concept est usité depuis longtemps.

En France, améliorer le bien-être au travail ne constitue pas ou trop rarement un objectif en soi. Nous sommes un pays de statuts et de normes. Au sein de l’entreprise, les rapports entre individus sont très formalisés et ont pour conséquence de faire parfois passer le bien-être au second plan.

Peut-on parler d’éveil des consciences sur cette question ?

Oui, les choses changent sous l’impulsion des jeunes entreprises innovantes et du secteur des nouvelles technologies. Ces entreprises, dont les salariés et les managers sont essentiellement issus de la génération Y, prennent plus en compte la qualité de vie globale de leurs collaborateurs. Les entreprises traditionnelles sont en train de suivre le mouvement. Avec la fin de l’obligation fiscale qui y était attachée, la formation professionnelle n’est plus vue comme une dépense obligée, mais comme un investissement dans le capital humain.

On constate par exemple que les formations liées aux « soft skills » sont de plus en plus demandées. La prise en compte du bien-être et de la psychologie des individus se généralise, même dans la conception des modules de formation. Les sciences cognitives ont démontré qu’une émotion positive associée à un moment d’apprentissage facilite la mémorisation de l’information. C’est pourquoi on voit désormais émerger des formations qui s’appuient sur des « serious games », des jeux de rôles, du coaching individuel…

Comment encourager cette évolution ?

Les acteurs de la formation professionnelle doivent mieux accompagner ces changements dans les entreprises. Par exemple, aujourd’hui, il est plus facile dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) de financer des formations techniques que des formations en « soft skills ». Un frein qui doit être levé grâce aux efforts conjoints de toutes les parties prenantes.

De même, les donneurs d’ordre ont parfois du mal à évaluer l’impact des formations comportementales. Celles-ci impliquent un suivi à long terme, d’analyser l’absentéisme et le turn-over, de trouver des indicateurs de mesure du bien-être général. En tant qu’opérateurs de la formation professionnelle, nous essayons également de fournir ces outils d’évaluation aux entreprises.

Vous aimeriez que la formation continue soit reconnue cause nationale. Pourquoi ?

Nous avons hérité d’un système complexe et inégalitaire, fruit de réformes successives. Tous les acteurs de la formation professionnelle partagent ce constat. Nous espérons vraiment que la réforme en cours va moderniser le système et le rendre accessible à tous… Je suis persuadé qu’après l’ère des commerciaux et des financiers, ce sont désormais les ressources humaines qui portent l’avenir de l’entreprise. C’est un enjeu national.

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