Article
7 min

Le handicap en entreprise 

Certaines entreprises semblent “réfractaires” à l’embauche de personnes handicapées, bien que la loi les y oblige. La faute aux a priori ! Tanguy de La Forest, fondateur de Défi RH, un cabinet de recrutement spécialisé dans l’emploi des travailleurs handicapés diplômés, démontre que ceux-ci n’ont pas lieu d’être.

Tanguy de La Forest annonce d’emblée la couleur : « Je suis avant tout un entrepreneur. Avec une spécificité, celle d’être en fauteuil roulant en raison d’un handicap dû à une atrophie spinale infantile (atrophie des muscles). Mais ce handicap ne doit pas occulter ni mes compétences, ni ma personnalité. » Les entreprises qui passent par son cabinet pour trouver les profils correspondant à leurs besoins remplissent ainsi une obligation légale : en effet, la loi du 11 février 2005 oblige les entreprises de plus de 20 salariés à embaucher un certain nombre de travailleurs handicapés, ceux-ci devant représenter un minimum de 6 % de leur effectif total. Selon l’Insee, ce sont 2,51 millions de personnes handicapées qui seraient en âge de travailler.

Une note salée

Pourtant, dans les faits, ce n’est pas aussi simple. Il subsiste encore des freins. Ce qui amène les entreprises qui ne se conforment pas à la législation à devoir verser une contribution financière à l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), l’organisme public collecteur. Au final, l’addition peut vite devenir salée.

Mais comment expliquer ces réticences, même si des progrès ont été accomplis dans ce domaine ? Tout est lié à la méconnaissance du handicap qui découle d’un manque flagrant d’information.

Une réalité méconnue

On associe généralement le handicap à la mobilité réduite, à la surdité et à la déficience visuelle. Alors que ceux qui en sont atteints ne représentent que 5 % de la population handicapée active. « Car peu de gens savent que 70 % d’entre eux ont un handicap invisible, le diabète ou le mal de dos par exemple », indique notre chef d’entreprise. Deuxième idée reçue qui a la vie dure : le handicap est associé à un manque de compétence et de productivité, avec ce sous-entendu que les handicapés auraient plus de difficultés et mettraient davantage de temps pour accomplir leur travail.

Information et sensibilisation

Comment dépasser ces préjugés ? Pour Tanguy de La Forest, la meilleure façon consiste à mener des actions d’information et la sensibilisation sur les différents handicaps existants afin de mieux les connaître et d’y porter un autre regard. Si Défi RH propose ce type de services, les entreprises peuvent se tourner vers des associations spécialisées ou instances publiques comme l’Agefiph.

À chaque situation sa solution

Face aux difficultés et autres obstacles, l’entrepreneur souligne la nécessité de mettre en avant la notion de compensation qui nécessite peu de dépenses. « Il s’agit de voir avec les collaborateurs concernés ce qui est le mieux adapté pour qu’ils puissent accomplir leurs missions dans les meilleures conditions », explique Tanguy de La Forest. Pour les malentendants, par exemple, il s’agira d’adapter le mode de communication en privilégiant les mails. Ou bien d’envisager un aménagement horaire si une absence est nécessaire pour les soins. Lui-même a recours a un accompagnateur pour l’aider dans ses déplacements professionnels aussi bien en France qu’à l’étranger.

Les expériences d’abord !

L’effort doit aussi venir des personnes handicapées elles-mêmes. « Elles ne doivent pas porter leur handicap comme un étendard mais s’adapter et insister davantage sur leur savoir-faire et leur savoir-être. Elles doivent, en amont, réfléchir aux moyens qui faciliteront leur intégration. « Ce qui compte avant tout, c’est l’expérience professionnelle. Dans les entretiens que nous menons, 10 % du temps est consacré aux moyens envisagés pour adapter les postes. Le parcours doit être privilégié sur la forme », insiste notre interlocuteur. Les nouvelles technologies ont également un rôle à jouer pour lever les freins à l’embauche. « En ce qui me concerne, par exemple, je peux conduire une voiture seulement depuis cinq ans. Cela a accru mon autonomie au quotidien », explique-t-il. Autre exemple : pour les sourds, il existe un système informatique qui leur permet d’avoir, à distance, un interprète en langue des signes ; ils peuvent ainsi participer à des réunions et s’exprimer.

Le faible niveau de formation

Cependant, il existe un point pour lequel les entreprises ne peuvent pas grand-chose : le faible niveau de formation au sein de la population handicapée. Plus de 40 % ce celle-ci ne possède pas le bac ou l’équivalent contre 20 % de la population en général. Les entreprises ont donc souvent du mal à trouver les bons profils. « C’est à l’Éducation nationale de proposer des formations adaptées », insiste Tanguy de La Forest.

Mais une bonne nouvelle : de plus en plus d’entreprises, surtout les grands groupes, participent, avec les universités ou les centres de formation, à l’élaboration de contenus de formation correspondant à leurs besoins. Et l’entrepreneur de conclure : « Bien qu’il soit lent, le processus est en cours et les entreprises se montrent de moins en moins réticentes à embaucher. Car elles sont mieux informées. Ce qui contribue au changement des mentalités. »

Mots clés :
Handicap
Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Cette Newsletter est éditée par l'Association de Moyens Assurances (AMA) : Association régie par la loi du 1er juillet 1901 - 21 rue Laffitte 75317 Paris cedex 09 - Tél. : 01 56 03 34 56 Siret : 812 986 289 00013 - N° Orias : 16000160.
En application à la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et, le cas échéant, de suppression de toute information vous concernant figurant dans nos fichiers, en vous adressant à : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou à Malakoff Médéric- Pôle Informatique et Libertés Assurance - 21 rue Laffitte - 75317 Paris Cedex 9.