Synthèse
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La confiance des salariés : où en est-on en 2018 ?

Non, la défiance n’est pas une fatalité ! Ce cri du cœur poussé par l’économiste Yann Algan et la fondatrice du programme Confiance & Croissance, Sophie Vernay dès la création de leur Indice National du Capital Confiance en entreprise (INCC©) en 2015, fait aujourd’hui écho à des résultats positifs et tangibles avec une confiance revigorée chez les salariés et des « boosters » capables de fortifier ce lien si essentiel pour développer une croissance durable. Faisant de la confiance l’un des moteurs de la nouvelle entreprise de demain, le comptoir mm s’est associé à Sciences Po pour être partenaire de cette édition 2018 et en dévoile les principaux enseignements.

Entre slogan publicitaire et valeur refuge, la confiance est souvent brandie à longueur de discours comme s’il suffisait de l’invoquer pour la faire exister. En prenant le parti de mesurer la confiance des salariés dans les entreprises, la démarche de Yann Algan et de Sophie Vernay s’inscrit contre cette pensée magique.

« Ce qui n’est pas mesuré n’existe pas dans l’entreprise. »
"Ce qui n’est pas mesuré n’existe pas dans l’entreprise » remarque Sophie Vernay pour qui la confiance est un « actif » à part entière et constitue à ce titre un capital qui se mesure, se pilote et se développe.

Une confiance boostée par un contexte favorable

Basé sur un échantillon plus large et donc plus représentatif qu’en 2015, avec 2 400 salariés, cadres et non-cadres, issus de grandes entreprises comme de PME et TPE, l’édition 2018 révèle une confiance plus affirmée.

Avec un INCC© qui passe la barre des 7/10 y compris pour les non-cadres, pour atteindre le score moyen de 7,07/10, de nombreux voyants sont au vert et confirment un certain regain de confiance dans les entreprises. Cette embellie est assez flagrante chez les cadres des grandes entreprises et ETI. En effet, grâce au net recul du nombre de salariés dubitatifs, la tendance s’est inversée. « En 2015, ils étaient 53% à témoigner d’un capital inférieur à 7/10 et à se marginaliser du projet commun. Ils ne sont plus que 39% en 2018 » remarque Sophie Vernay pour qui l’attention accordée aux valeurs et à l’engagement en matière de RSE ont finalement emportés l’adhésion de ces « désenchantés du storytelling ».

Mais ce regain de confiance résulte aussi et surtout d’une conjoncture économique plus favorable qu’en 2015 comme en témoignent le retour mesuré de la croissance, ou encore l’amélioration de l’attractivité de la France avec notamment la hausse des investissements étrangers. Depuis un an, un vent d’optimisme souffle sur le monde de l’entreprise et entraine dans son sillage la confiance des salariés.

En effet, leur regard sur l’entreprise et le contexte dans lequel elle évolue a changé. Ainsi, si on regarde les cadres des entreprises de + de 250 salariés, leur confiance dans la situation économique du pays a bondi de plus de 20 points entre 2015 et 2018. Cette confiance retrouvée au niveau macro se diffuse au niveau de l’entreprise. Ainsi, en 2015, ils étaient seulement 55% à avoir confiance dans les valeurs de l’entreprise contre 77% aujourd’hui. L’image de l’entreprise s’est donc améliorée comme celle du dirigeant jugé plus exemplaire et plus engagé pour plus de la moitié des salariés, tous niveaux confondus et dans toute entreprise de + de 5 salariés (56%), qui lui font confiance.

Alors tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Hélas non. Derrière le score moyen de l’Indice du Capital Confiance, se cache une réalité un peu plus complexe.

Une confiance encore trop bancale

Si l’Indice présente un score moyen plutôt bon (7,07/10), sa composition, elle, souligne un capital confiance en déséquilibre. En effet, la répartition de la confiance des salariés est très inégale et se concentre essentiellement sur la performance de l’entreprise ainsi que dans les collaborateurs au détriment de la confiance en soi et en son avenir, la confiance dans les valeurs et dans celle du dirigeant, ce dernier pesant très lourd dans la note globale, tant il incarne la confiance dans l’entreprise.

La confiance n’est pas une injonction qui s’impose du haut en bas mais elle s’initie sur le terrain et se pratique dans l’action.

Dans l’entreprise, c’est par la prise d’initiatives individuelles et la possibilité d’agir en commun que le lien de confiance entre le management et les salariés se créé. Mais cela suppose que les salariés jouissent d’une réelle liberté d’action. Or, certains chiffres de l’étude montrent que les pratiques managériales ne se sont pas suffisamment réformées pour faire advenir cette culture de la confiance capable d’insuffler le désir de prendre des initiatives, de gagner en compétences, de se dépasser. Ainsi, 2 salariés sur 3 jugent inefficace la culture managériale, 33,5 % perçoivent les pratiques managériales de leurs entreprises encore comme trop contrôlantes par le reporting et 39 % des salariés considèrent que le droit à l’erreur n’est pas reconnu dans leur entreprise.

La révolution managériale tant attendue n’a pas eu lieu.
« La révolution managériale tant attendue n’a pas eu lieu » constate Sophie Vernay qui appelle les entreprises à passer à « un management coopératif et délégatif centré autour de communautés de projets ».

Le dirigeant, moteur de la confiance

Si l’indice National du Capital confiance montre que la confiance est une valeur dotée d’une pluralité de facettes, il souligne par ailleurs, l’importance du rôle joué par le dirigeant pour booster la confiance des salariés. En effet, le renouvellement des pratiques managériales ne fait pas pour autant table rase du leadership. Comme l’a montré la composition de l’indice de confiance, le rôle du dirigeant pour bâtir cette entreprise de confiance est indispensable. C’est lui qui incarne les valeurs et la performance de l’entreprise. Et aujourd’hui dans un monde du travail en perpétuelle transformation, le dirigeant doit plus que jamais être visionnaire, capable de donner un cap, une vision, un souffle. « La confiance ne se donne pas dans le brouillard » disait, à juste titre, Raymond Barre. Et plus le dirigeant saura quel est le niveau de confiance de ses équipes, plus il pourra articuler ses politiques économiques, sociétales, managériales et humaines afin de faire advenir l’entreprise du 21ème siècle axée sur une croissance durable et d’avenir.

 

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