Synthèse
4 min

L’absentéisme maladie : pourquoi un coût toujours en hausse ?

Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité Social 2019 (PLFSS), la branche de l’Assurance maladie, toujours déficitaire, est au centre des préoccupations. L’objectif : trouver des mesures d’économie pour inverser la courbe du coût des arrêts maladie. Notre étude apporte une explication concrète sur les raisons de cette hausse. Eclairage.

Des salariés arrêtés pour une maladie grave, une dépression, ou tout simplement pour des pathologies ordinaires types angine, rhume ou gastro, l’absentéisme maladie affecte durement les entreprises… En 2018, 42 % des salariés se sont vus prescrire au moins un arrêt de travail et 13% des salariés ont demandé un arrêt de travail à un médecin, au cours des 12 derniers mois contre 11% en 2016[1]. Un absentéisme maladie qui ne diminue pas et qui coûte de plus en plus cher.

Des arrêts maladie plus chers car plus longs

En effet, selon les comptes de la sécurité sociale, depuis 2009 le nombre de jours indemnisés est en constante évolution, avec une hausse importante de 3,6% par an en moyenne depuis 2013. Cette augmentation du volume se note également au niveau du montant indemnisé qui s’accroit d’environ de 4,3% en moyenne par an depuis 10 ans[2].

La raison principale de cette inflation du coût des arrêts maladie?

L’allongement de la durée moyenne des arrêts longs. En effet, la prévalence, la fréquence et la durée moyenne des arrêts maladie sont stables, hormis pour les arrêts longs (supérieurs à 30 jours) dont la durée moyenne augmente fortement. Depuis 2012, l’allongement de la durée des arrêts longs, ceux de +30 jours, a augmenté de 10%.

Qui sont les salariés les plus concernés ?

L’impact de l’allongement de la vie professionnelle

Qu’ils soient ouvrier, agent de maîtrise, employé ou cadre, ou bien qu’ils appartiennent à la génération des Millennials, ou à celle des quadra ou encore à celle des seniors, la durée des arrêts maladie de +30 jours augmente pour tous les salariés[3].

En revanche, les salariés en fin de carrière sont plus nombreux que les autres à s’absenter plus longtemps. En 2012, ils représentaient 27 % des salariés qui se sont absentés + de 30 jours. Aujourd’hui, ils en représentent près de 30 %. L’écart avec les salariés de moins de trente ans est flagrant avec seulement 17% d’entre eux qui se sont vus prescrire un arrêt maladie de longue durée.

Cet allongement de la durée de l’arrêt maladie des seniors a pour effet direct d’accroître le niveau du montant des indemnités. Directement indexée sur le salaire, l’indemnité d’un salarié en fin de carrière est bien plus élevée que celle d’un jeune fraîchement arrivé dans l’entreprise.

Pour résumer, l’augmentation du coût des arrêts maladie est donc en partie liée à l’allongement de la vie professionnelle.

Mais si l’absentéisme s’accroit avec l’âge, d’autres facteurs sont à prendre en compte.

L’inobservance et le cercle vicieux du sur-présentéisme

L’absentéisme maladie de longue durée est également alimenté par un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde du travail : celui de la hausse de l’inobservance des arrêts maladie.

En 2018, 23% des arrêts maladie[4] prescrits n’ont pas été suivis par les salariés contre 19% en 2016 :  8 % n’ont pas été pris en totalité et 15 % n’ont pas été pris du tout. 68% des salariés déclarent aller travailler même lorsqu’ils sont malades. Même s’ils sont 82% considérer que leur santé est prioritaire sur leur travail.

C’est ce que le sociologue Denis Monneuse appelle le « surprésentéisme », comportement qui désigne le fait de travailler malgré un état de santé dégradé qui aurait mérité de s’arrêter. Mettant en avant leur conscience professionnelle et le poids de leur responsabilité, ce sont les cadres et les dirigeants qui sont le plus concernés : 22% des cadres ne prennent pas l’arrêt prescrit contre 11% des ouvriers, et 48% dirigeants font de même contre 14% de l’ensemble des salariés. Cependant, la moitié des salariés (49%) n’ayant pas respecté leur arrêt de travail, regrette leur décision. Ils étaient 39% en 2016.

Le sur-présentéisme représente un véritable cercle vicieux pour les entreprises car si venir travailler tout en étant malade réduit le taux d’absentéisme maladie sur le court terme, les conséquences sur le long terme peuvent être désastreuses avec une augmentation du risque de devoir faire face à des pathologies ou des épuisements plus graves nécessitant un arrêt maladie supérieur à 30 jours.

→ Pour en savoir plus sur le décryptage de l’absentéisme maladie : synthèse volet 2 – Un absentéisme maladie à géométrie variable

[1] Etude de perception Ifop pour Malakoff Médéric menée auprès de 2010 salariés du secteur privé – Recueil par Internet – Mai 2018 [2] Analyse statistique des DADS (Déclaration annuelle des données sociales) des entreprises clientes de Malakoff Médéric (61 000 entreprises et de 2 millions de salariés) de 2012 à 2016 [3] Analyse statistique des DADS (Déclaration annuelle des données sociales) des entreprises clientes de Malakoff Médéric (61 000 entreprises et de 2 millions de salariés) de 2012 à 2016 [4] Etude de perception Ifop pour Malakoff Médéric menée auprès de 2010 salariés du secteur privé – Recueil par Internet – Mai 2018

Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Cette Newsletter est éditée par l'Association de Moyens Assurances (AMA) : Association régie par la loi du 1er juillet 1901 - 21 rue Laffitte 75317 Paris cedex 09 - Tél. : 01 56 03 34 56 Siret : 812 986 289 00013 - N° Orias : 16000160.
En application à la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et, le cas échéant, de suppression de toute information vous concernant figurant dans nos fichiers, en vous adressant à : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou à Malakoff Médéric- Pôle Informatique et Libertés Assurance - 21 rue Laffitte - 75317 Paris Cedex 9.