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3 min
19/03/2019

Le télétravail pour mieux faire passer un déménagement

C’est souvent à l’occasion d’un déménagement que ce négocie un volet télétravail qui peut se révéler bien plus intéressant que le cadre général.

Sur une carte, le déménagement en 2018 du siège de la région Île-de-France, éclaté sur plusieurs sites parisiens, vers un site unique situé à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis est l’affaire de quelques kilomètres mais cela a confiné à un voyage en terre inconnue pour beaucoup des 2 000 salariés de la collectivité. C’est bien pour cela que le tététravail a fait son apparition à ce moment-là. Cela a été l’occasion de mieux faire passer le changement. Résultat : près de 50 % des salariés des services centraux de la collectivité territoriale sont en télétravail au moins un jour par semaine.

Des jours de télétravail en fonction du temps de transport

Chez HPE, le déménagement qui se présente à l’horizon est autrement plus problématique. Ainsi, 400 personnes vont devoir passer des Ulis à Puteaux, soit une distance en voiture de 33 kilomètres. De quoi générer un allongement de la durée des transports pour beaucoup. Ainsi, 44 % des répondants au sondage initié par la CFTC (taux de participation de plus de 50 % des salariés) considèrent que le déménagement serait très négatif, tandis que 29 % le voient de façon négative. Alors que le site des Ulis est à vendre et qu’un engagement sur bail a été pris à Puteaux, des syndicats ont considéré que la direction ne ferait pas marche arrière et qu’il valait mieux négocier les mesures d’accompagnement au plus vite. Un panel très diversifié de mesures a été obtenu.

Le télétravail officiel qui préexistait sera désormais accepté automatiquement deux jours par semaine pour les salariés qui ont au moins 40 minutes de trajet en voiture. Les trois jours de télétravail deviennent automatiques à partir de 50 minutes de transport en commun. « Le manager ne peut décider de revenir en arrière. C’est à la seule initiative du salarié », souligne Jean-Paul Vouiller, délégué syndical central de la CFTC. Dans la même logique, un maximum de flexibilité sur les horaires de travail des salariés les plus touchés devra être accordé, avec possibilité d’un recours à une commission d’arbitrage composée de représentants de la RH et d’élus de la commission de SSCT.

Les salariés peuvent cumuler le télétravail avec une prime de 100 € par mois pour ceux qui n’ont pas de voiture de fonction et qui viennent avec leur propre véhicule au travail. S’ils ne télétravaillent pas, cette prime « diesel » est de 200 € par mois, à condition de justifier d’un allongement du temps de parcours de 20 minutes et des contraintes des transports en commun (au moins 3 changements…).

À noter qu’une prime de 300 € est proposée aux salariés qui acceptent de passer aux transports en commun avec, par ailleurs, un pass Navigo dont la prise en charge passe de 50 à 80 %.Une demande sera par ailleurs faite pour que le site de Puteaux ouvre dès 7h00 afin de permettre d’éviter les bouchons… Peu de chance que ce soit l’horaire des navettes équipées du wifi et de prises d’alimentation qui seront par ailleurs proposées.

Choisir la moins pire des solutions

« Les salariés ont en définitive la possibilité de choisir la moins pire des solutions car le déménagement reste subi. Ils peuvent tester plusieurs options avant de se décider », ajoute Jean-Paul Vouiller qui s’attend à une forte augmentation du télétravail officiel chez les salariés qui le faisaient jusqu’à maintenant de façon officieuse.

Chez Nestlé France, la direction a aussi annoncé un déménagement de son siège (1 300 salariés) de Noisiel en Seine-et-Marne à Issy-Les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine d’ici la fin 2019. Là, comme au Conseil régional d’Île-de-France, le télétravail fait son apparition à la faveur de la réorganisation mais avec des conditions moins incitatives que chez HPE. L’accord négocié conditionne ainsi la pratique, limitée à deux jours par semaine, à l’acceptation du manager qui peut décider d’y mettre un terme. Dans ces conditions, combien de salariés actuellement localisés près de Noisiel ne feront pas le difficile et coûteux voyage vers Issy-les-Moulineaux ? Il y a trois ans, la division d’alimentation animale (Purina) a été transférée de Rueil-Malmaison à Noisiel. Sur les 200 salariés, 78 n’avaient pas suivi.

La donne aurait certainement été différente avec des mesures véritablement incitatives en faveur du télétravail. D’où l’intérêt de négocier un régime d’exception dans le cadre d’un déménagement.

 

Article rédigé par Miroir Social

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