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Mieux se former pour lutter contre l’absentéisme maladie

Des représentants du personnel diplômés ou certifiés en santé au travail sont d’autant plus capables de faire entendre leurs propositions…

Ils sont motivés pour développer leurs capacités à assurer la santé au travail. Et pour cela, ils passent des diplômes. Ils sont des représentants du personnel.

Dalila Dayet, secrétaire du CHSCT Auvergne Rhône Alpes de Mediapost, la filiale de La Poste spécialisée dans la distribution de plis a fait ce choix.  La militante FO a passé en 2017 un diplôme universitaire en santé au travail dispensé par l’Université de Bordeaux. La promotion comptait un tiers de représentants du personnel. Deux autres collègues militantes de Dalila Mayet souhaitent également tester cette formation diplômante qui renforce la capacité à agir, notamment en matière d’absentéisme.

« Auparavant, c’était les employés qui s’absentaient et maintenant c’est au niveau des techniciens, agents de maîtrise et des cadres que l’augmentation de l’absentéisme se fait sentir. Beaucoup ne s’en sortent plus. Ils ne savent pas comment faire pour atteindre les objectifs et ne peuvent pas en parler car s’ils se plaignent on leur répond qu’ils ne sont peut-être pas sur le bon poste. L’arrêt de travail devient alors la seule solution », témoigne Dalila Mayet. Il faut donc agir de façon ciblée.

Se former pour agir

« En CHSCT, j’ai pu exposer le besoin qu’il y avait à mener une enquête spécifique sur l’absentéisme de l’encadrement dans le secteur d’activité le plus exposé car l’enquête sur la qualité de vie au travail (QVT), conduite tous les deux ans, est trop générale. Il a fallu batailler pour l’obtenir mais c’est une étape indispensable pour mieux comprendre grâce à une enquête anonyme dont l’approche repose sur les facteurs psychologiques de risque au travail. La formation m’a donné plus de légitimité par sa rigueur méthodologique », souligne Dalila Mayet en précisant l’importance du module consacré à l’interprétation des données sur les arrêts de travail afin « d’éviter de mauvaises conclusions ».

Libérer l’expression pour prévenir

Les collectivités territoriales s’illustrent par un taux d’absentéisme au-dessus de la moyenne. Ce n’est pas le cas dans la communauté de communes du bassin Auterivain haut-garonnais qui emploie environ 150 agents. C’est justement pour éviter que ce taux ne progresse que cette communauté de communes a lancé une démarche  QVT. L’initiative est portée par Julien Godefroy, l’un des élus locaux qui se trouve être par ailleurs délégué syndical CFE-CGC à la Poste et référent santé au travail du syndicat en Occitanie. Cette mise en place est le sujet du mémoire du diplôme universitaire QVT proposé par l’Université de Toulouse Jean Jaurès qu’il a suivi. « L’absentéisme est un indicateur parmi d’autres. C’est justement par une approche globale des leviers de la QVT que l’on se donnera les moyens de prévenir une hausse. Notamment grâce à une approche participative et qualitative auprès des agents pour qu’ils s’expriment sur les conditions de leur travail », explique Julien Godefroy qui s’est employé à mettre tout le monde dans la boucle. « En tant qu’élu, j’ai eu l’occasion de présenter la démarche en CHSCT. C’était une première », souligne t-il.

Des certifications pour les élus

À partir de 2019, tous les représentants du personnel pourront faire officiellement reconnaître leurs expériences en blocs de compétences. Pas besoin de suivre une formation pour cela, au regard de l’expérience acquise au cours de leur mandat, ils pourront se voir reconnaître des certificats de compétences. En matière d’encadrement et d’animation d’équipe, de prise en charge de projet mais aussi de santé au travail. « Des discussions ont été amorcées avec le CNAM comme certificateur des compétences acquises par l’expérience en matière de santé au travail », explique Philippe Detrez, conseiller confédéral à la CGT.

Et pour les cadres ?

Effectivement, le CNAM propose un solide catalogue de diplômes et certifications en la matière. La chaire Entreprise et santé fruit d’un partenariat entre le CNAM et Malakoff Médéric conjugue d’ailleurs formation et recherche sous la direction du professeur William Dab, auteur d’un rapport en 2008 sur la formation des managers et ingénieurs en santé au travail. Sont-ils aujourd’hui formés pour mieux comprendre les différentes natures de l’absentéisme ? Ont-ils les moyens de mettre en place des actions de prévention et d’accompagnement ? « Les représentants du personnel acquièrent une forte expertise sur la santé au travail à la différence des encadrants qui devraient pourtant en théorie avoir été formés aux principes de prévention. La réalité est très différente », souligne Catherine Pinchaut, secrétaire nationale de la CFDT, qui considère que c’est sur ce sujet que des formations communes entre représentants du personnel et encadrants auraient le plus de sens…

Cela pourrait commencer par partager une grille de lecture commune des multiples facteurs sous-tendus par l’absentéisme…

Article rédigé par Miroir Social.

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