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Bonnes pratiques : les nouvelles règles de l’entreprise « Children friendly »

La bonne articulation entre la vie privée et professionnelle constitue l’une des attentes majeures des salariés tout comme l’une de leurs principales sources d’insatisfaction. Selon un récent sondage [¹], alors que 93 % d’entre eux considèrent l’équilibre des temps de vie comme un sujet de préoccupation « important » voire « très important », 69 % estiment que leur entreprise ne fait « pas grand-chose » pour les aider à trouver cet équilibre. Et l’équation est d’autant plus complexe lorsque l’enfant paraît. Ainsi, si les salariés sont 60 % à estimer manquer de temps au quotidien, ce pourcentage atteint 80 % chez les mères de famille, dont 63 % se disent même en situation d’épuisement. Preuve de cette difficile conciliation des obligations parentales et professionnelles, en France plus de la moitié des mères d’enfants de moins de huit ans ont momentanément opté pour un temps partiel ou se sont arrêtées de travailler tandis que qu’une femme en couple sur cinq a reporté voire renoncé à un projet de grossesse pour raison professionnelle [²].

Une impulsion gouvernementale

Depuis quelques années pourtant, l’engagement de l’État dans la lutte pour l’égalité des sexes au travail a incité les entreprises à mieux prendre en compte la problématique de la parentalité. Au-delà des diverses dispositions légales favorisant un meilleur partage des responsabilités familiales entre les parents, à l’instar de l’interdiction des conventions collectives réservant aux mères la prise de congés pour enfants malades, le Crédit Impôt Familles, instauré en 2004 a, par exemple, fortement contribué à la multiplication des crèches d’entreprise.

Lancée en avril 2008 à initiative de l’Observatoire de l’Équilibre des Temps et de la Parentalité en Entreprise, la « Charte de la Parentalité en Entreprise » a également largement participé au développement de bonnes pratiques. Le texte compte désormais 500 signataires et concerne 4,5 millions de salariés, soit 15 % de la population active occupée.

Des solutions centrées sur les besoins de la petite enfance

Aménagement des horaires de travail (suppression des réunions tardives, temps partiel annualisé, télétravail…), mise en place de soutiens financiers (CESU, mutuelles) ou de services d’aide à la vie quotidienne (crèches, conciergeries d’entreprise…), meilleur suivi de carrières après un congé maternité ou parental, les entreprises multiplient les initiatives pour soulager leurs salariés. Pour l’heure, la plupart de ces actions se cantonnent cependant au champ de la petite enfance. Or, les problématiques de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale perdurent bien au-delà de l’entrée en maternelle. Il n’est notamment pas rare que les chérubins devenus adolescents, les « petits » soucis fassent place à de plus grands. Et force est de constater que, du traditionnel casse-tête de l’orientation scolaire aux cas, plus extrêmes, d’addictions en tous genres, ces situations interfèrent largement sur la disponibilité d’esprit des salariés parents.

Adolescence, une période sous haute-tension

Certaines sociétés en ont pris acte à l’image du groupe Carrefour qui a organisé en 2016 un grand salon de l’orientation et de l’emploi à l’adresse des « grands » enfants de ses collaborateurs. L’initiative a, pour sa première édition, réuni une centaine de jeunes et valu au distributeur le Trophée LSA du Management de la Diversité sociale.

S’inspirant des expériences menées dans les pays anglo-saxons, d’autres font le choix de faire appel à des coachs parentaux. C’est le cas notamment de Bouygues Telecom qui a récemment accueilli un psychologue spécialiste des jeux vidéos venu prodiguer des conseils aux salariés parents d’enfants connectés ou encore du Groupe La Poste à l’origine d’une démarche visant à donner aux parents les clefs d’un dialogue plus serein avec leurs adolescents.

Loin d’un élan purement philanthropique, cette prise en compte de la parentalité à tous les âges de la vie n’est pas sans intérêt pour les entreprises. La lutte contre le stress des salariés constitue en effet le meilleur rempart à l’absentéisme, aux risques psycho-sociaux et à la baisse de productivité. Cette approche « Family friendly » est aussi un excellent moyen de séduire les jeunes générations, Y et Z, de plus en plus attachées à leur épanouissement personnel et familial. À cet égard, l’attention portée à l’adolescence s’avère d’ailleurs hautement stratégique. En effet, selon un sondage mené en 2009 par l’Observatoire de la parentalité auprès 500 jeunes âgés de 14 à 17 ans, 71 % des adolescents jugeaient l’activité de leurs parents « stressante, fatigante », voire « très dure » [3]. Changer l’image de l’entreprise parentale apparaît donc comme un préambule obligatoire pour espérer capter ces talents de demain.


[1] Baromètre 2015 de l’Observatoire de l’Équilibre des Temps et de la Parentalité en Entreprise

[2] Étude IPSOS pour Elle Mars 2013

[3] Sondage réalisé en 2009 par l’Observatoire de la parentalité, auprès de 500 jeunes âgés e 14 à 17 ans

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