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Et si les start-up réinventaient le dialogue social?

Après un accueil chaleureux à 9h par l’équipe du NUMA, Cécile Jolly, chargée de mission au département Travail Emploi de France Stratégie, a introduit cette journée en annonçant qu’il est «plus urgent que jamais de s’interroger sur les relations sociales dans les start-up». Placées au cœur d’une révolution numérique qui transforme la nature du travail, ces jeunes pousses en forte croissance cherchent en effet à adapter les règles et les institutions du dialogue social et à expérimenter de nouvelles pratiques, bousculant ainsi le système socio-économique établi.

«Nous avons besoin de réfléchir de manière collective pour apporter des solutions» a souligné Inès Dartiguenave, Community Programs Manager à NUMA, en proposant de créer une université du dialogue social.

Identifier des ambassadeurs

S’il faut « faire confiance aux spécialistes » a estimé Silja Druo, ancienne DRH de Captain Train (acquis par Trainline), il convient aussi d’utiliser les outils du dialogue social (réunion générale, institutions représentatives du personnel – IRP –, ateliers…) à bon escient et avec souplesse. Cette approche pragmatique est nécessaire car il s’agit de « dédramatiser le sujet du dialogue social » dans les start-up, a insisté Bérénice Mey, Chief People Officer de Content Square. Crédibles car élues, les IRP peuvent être des « courroies de transmission » entre les besoins des entreprises, qui veulent fédérer leur communauté autour du projet, et ceux des salariés, en quête de sens dans leur travail et de transparence. Dans des start-up « où tout est à construire » en termes de relations sociales, les IRP doivent être considérées comme des partenaires, notamment pour faire remonter les problèmes du terrain. Dans ce contexte, identifier « des ambassadeurs constructifs », capables d’assurer la conduite du changement, est crucial.

IRP, créateurs de valeur et performance

Les évolutions en termes de renouvellement des relations du travail dans les start-up sont notables, comme l’ont montré les travaux des trois ateliers[1] organisés. Les échanges ont mis en avant plusieurs points. Les IRP créent de la valeur et de la performance si le dialogue se construit autour du bien commun, en dehors du schéma classique de la seule représentation du personnel.

La dimension temporelle est déterminante pour à la fois intégrer les impératifs juridiques et conserver la culture d’innovation. Et les enjeux des relations sociales, notamment en matière de bien-être au travail, se posent de manière spécifique pour ces entreprises qui incarnent de nouveaux modèles économiques dans lesquels agilité et adaptation sont centrales.

Le rôle des syndicats revisité

En effet, s’il est important de mettre en place dès le départ les fondamentaux – la mission et les valeurs de l’entreprise – et le projet RH, comme l’a noté Alexandre Collinet, DG adjoint du Bon Coin, il ne faut pas s’enfermer dans le formalisme des règles.

Celles-ci doivent être utilisées «pour faire sens dans l’entreprise» selon Pierre Bouvier-Muller, Head of Product Delivery Management de FircoSoft, et représentant du personnel (CFTC). A l’entendre, le rôle du syndicat dans les startups sera revisité, la confiance prenant le pas sur une posture d’opposition.

Le dialogue social est en train de changer, a conforté Olivier de Pembroke, président national du CJD, et ce mouvement concerne toutes les entreprises, au-delà des startups. Car nombreuses sont celles qui veulent aujourd’hui faire «disrupter» leur mode de fonctionnement pour s’adapter au changement.

L’anthropologue Valérie Communeau a conclu cette matinée en distinguant deux modèles de startups en termes de relations de travail – le «clan conquérant» et «la solidarité passionnée» -, ces entreprises vont pousser les IRP à élargir leur vision pour garantir une cohésion sociale globale. En faisant naître de nouveaux codes culturels, les start-up façonnent bel et bien des modèles émergents de relations sociales amenés à se développer dans l’ensemble du tissu économique.

 

 

 

 

 


[1] Thèmes des ateliers : « Des enjeux et pratiques du dialogue et d’expression dans une start-up en pleine croissance », « De la difficile conciliation des exigences de structuration et d’innovation dans les équipes », « Des impératifs de bien-être au travail comme condition de la performance ».

Mots clés :
Relations sociales
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