Synthèse
3 min

Un absentéisme maladie à géométrie variable

Lombalgie, maladie grave, dépression, ou tout simplement angine, rhume, gastro sont des motifs d’arrêts maladie qui engendrent des absences plus ou moins longues dans les entreprises. Désorganisation ponctuelle dans le cas des arrêts courts, coûts financiers importants pour des arrêts longs, l’absentéisme maladie a de quoi donner des sueurs froides aux dirigeants surtout ceux à la tête de TPE, PME souvent démunies au niveau RH. Mais pour guérir un mal encore faut-il bien connaitre ses symptômes ! Malakoff Médéric apporte un décryptage inédit sur la typologie des arrêts maladie. Focus sur les principaux enseignements.

Arrêts courts, arrêts longs, comment se répartissent les arrêts maladie ? Les motifs diffèrent-ils selon la durée ?  Quels salariés sont les plus concernés ? Quel plan d’action mettre en place ? Ces questions sont plus que jamais au cœur des problématiques RH des entreprises contraintes de jongler avec leurs effectifs face aux arrêts maladie de leurs salariés.

Arrêts maladie, durées et motifs hétérogènes

Si les arrêts maladie[1] de courte durée (1 à 3 jours) sont les plus nombreux avec 40% de la totalité des arrêts maladie, ce ne sont pas eux qui pèsent le plus sur l’entreprise puisqu’ils représentent 4% seulement de la totalité des jours d’arrêts. En revanche, les arrêts de longue durée (plus de 1 mois) sont plus rares (13 %) mais représentent 71 % de la totalité des jours d’arrêts.

Arrêts courts, arrêts longs, ces deux types d’arrêts présentent une réalité hétérogène de l’absentéisme maladie et recouvrent des origines et des motifs différents.

Selon les salariés interrogés[2], moins de la moitié des arrêts maladie (39 %) est liée au contexte professionnel : seuls 9 % des arrêts maladie sont liés à un contexte exclusivement professionnel, et 30 % sont liés à un contexte à la fois professionnel et non professionnel. 61 % des arrêts trouvent leur origine dans la sphère personnelle exclusivement.

77 % des arrêts courts trouvent leur origine dans la sphère personnelle. Les maladies saisonnières (rhume, gastro, grippe…), responsables de 70% des arrêts courts sont les motifs les plus cités par les salariés interrogés, viennent ensuite les TMS (16%) et les troubles psychologies/grande fatigue (10%).  Mais lorsqu’on regarde les arrêts de longue durée, c’est le contexte professionnel qui rentre en jeu  : 22% des arrêts de plus de 30 jours sont ainsi liés à des troubles psychologiques ou grande fatigue.

Des salariés inégaux face à la durée des arrêts maladie

En fonction de leur durée, l’arrêt maladie touche de façon différente les salariés. Zoom sur les profils les plus concernés par l’absentéisme maladie.

Les femmes plus touchées que les hommes

Environ 37% des femmes ont un arrêt maladie chaque année, contre seulement 31% des hommes. Les femmes sont plus nombreuses à s’absenter pour des arrêts maladie de courte durée avec 16% d’entre elles qui ont un arrêt de moins de 3 jours chaque année contre 14% pour les hommes.

Les raisons ? Les femmes sont en majorité plus exposées aux difficultés à concilier vie pro et vie perso. Elles sont également confrontées à une répartition encore sexuée des emplois dans l’entreprise avec des postes et des outils de travail encore peu adaptés au travail féminin responsable de de nombreux arrêts pour cause de TMS.

Trentenaires vs seniors, des arrêts maladie aux durées différentes

Les salariés trentenaires sont les plus nombreux à s’arrêter pendant l’année: environ 35% d’entre eux ont au moins un arrêt maladie tous les ans, contre 31% des salariés de plus de 56 ans. Cependant, si les 30-39 ans sont plus nombreux à s’absenter, leurs arrêts maladie sont de courte durée. Seulement 6% d’entre eux se voient prescrire un arrêt maladie de longue durée contre environ 10% des salariés de plus de 56 ans. En revanche, 19% des salariés de 30-39 ans ont au moins un arrêt de moins de 3 jours pendant l’année contre 8% des salariés de plus de 56 ans.

Ces arrêts maladie de nature différente s’expliquent au regard des contraintes que rencontre ces deux populations qui ne sont pas les mêmes. Ainsi, les trentenaires sont confrontés aux responsabilités familiales plus fortes en plein boom de leur carrière professionnelle, alors que les seniors sont plus affectés par la dégradation de leur état de santé : usure physique, maladie chronique.

Un absentéisme maladie plus important dans les grandes entreprises

La taille de l’entreprise est un élément déterminant dans la fréquence et la durée des arrêts : seuls 26% des salariés d’entreprise de moins de 10 salariés ont un arrêt maladie durant l’année, contre 38% des salariés d’entreprise de plus de 1000 salariés. L’écart est flagrant concernant les arrêts courts. Chaque année, 17% des salariés d’entreprise de plus de 1 000 salariés ont un arrêt de moins de 3 jours, contre 11% des salariés des TPE. Concernant les arrêts longs, même constat : 8% des salariés de grandes entreprises s’absentent plus d’un mois chaque année, contre 6% des salariés de TPE. Cette disparité s’explique en partie par l’organisation et les effectifs. Ainsi, dans les petites structures, étant donné que la présence de chaque salarié est nécessaire au bon fonctionnement de l’activité, les salariés sont plus réticents à prendre un arrêt maladie bien qu’ils soient malades.

Les secteurs du BTP-Industrie-santé plus impactés

Environ 36% des salariés du BTP, de l’Industrie et de la Santé ont au moins un arrêt maladie durant l’année. Ces secteurs sont plus touchés que les autres. En comparaison, seul 31% des salariés du Commerce et 33% du secteur des Services ont un arrêt chaque année. Cette différence est surtout visible pour les arrêts de plus d’un mois. Les salariés du BTP/Industrie sont en effet 8,6% chaque année à s’absenter plus d’un mois, 9,2% dans la santé contre 7,4% dans le commerce et 6,4% dans les Services. En revanche, le secteur des Services est le plus sinistré en termes d’arrêts de très courte durée : 16% des salariés des Services ont en effet un arrêt de moins de trois jours contre 13,7% pour le BTP/Industrie, 14,2% pour la santé, 13,5% pour le commerce.

Des actions ciblées en fonction de la nature des arrêts maladie

Aujourd’hui, plus de la moitié des dirigeants (56 %) considère l’absentéisme comme un sujet de préoccupation majeur. 97 % des dirigeants interrogés estiment que la réduction de l’absentéisme permettrait d’améliorer la performance de l’entreprise et que le sujet doit être partagé avec les managers, les salariés et les syndicats (88%).

Mais au-delà de cette prise de conscience, que faire ?

Pour que l’absentéisme maladie cesse d’être une épée de Damoclès suspendue au- dessus de la tête des dirigeants, il est d’abord nécessaire de distinguer les arrêts courts des arrêts de longue durée. Car c’est de ce diagnostic que découlera les actions préventives et d’accompagnement capables de maîtriser l’absentéisme. Des outils comme le Tableau de Bord de l’absentéisme, le simulateur absentéisme et calculateur de coûts sont autant de dispositifs spécifiques pour dépister et cartographier l’absentéisme maladie au travail.

Une fois l’état des lieux établi, place à l’action ciblée

Ainsi, des campagnes de vaccination ou de sensibilisation pour favoriser l’hygiène sont autant de réponses adéquates pour traiter des arrêts courts causés par des maladies saisonnières. Concernant les arrêts longs, une démarche globale de qualité de vie au travail doit être mise en place avec une politique de prévention des risques, un accompagnement des salariés fragilisés, et une aide à la reprise de l’emploi. N’oublions pas que pour 1 salarié sur 8 (13 %), le retour ne s’est pas bien passé, notamment pour les personnes s’étant vues prescrire au moins trois arrêts au cours des 12 derniers mois (24 %).

La maîtrise de l’absentéisme maladie est donc une démarche complexe qui nécessite d’une part l’utilisation d’outils qui aident au processus de décision, et d’autre part à une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés (salarié, médecin traitant, entreprise, organisme de mutuel…) capables d’agir  à partir de la réalité spécifique des arrêts maladie sur le lieu de travail.

→ Pour en savoir plus sur le décryptage de l’absentéisme maladie : synthèse volet 1 – L’absentéisme maladie : pourquoi un coût toujours en hausse ?

[1] Analyse statistique des DADS (Déclaration annuelle des données sociales) des entreprises clientes de Malakoff Médéric (61 000 entreprises et de 2 millions de salariés) de 2012 à 2016

[2] Etude de perception Ifop pour Malakoff Médéric menée auprès de 2010 salariés du secteur privé – Recueil par Internet – Mai 2018

[3] Données issues du Baromètre Santé et Qualité de vie au Travail de Malakoff Médéric entre 2011 et 2017 décrivant 32 735 salariés du secteur privé

Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Cette Newsletter est éditée par l'Association de Moyens Assurances (AMA) : Association régie par la loi du 1er juillet 1901 - 21 rue Laffitte 75317 Paris cedex 09 - Tél. : 01 56 03 34 56 Siret : 812 986 289 00013 - N° Orias : 16000160.
En application à la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et, le cas échéant, de suppression de toute information vous concernant figurant dans nos fichiers, en vous adressant à : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou à Malakoff Médéric- Pôle Informatique et Libertés Assurance - 21 rue Laffitte - 75317 Paris Cedex 9.