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ITW | Quand les grandes entreprises partagent leurs connaissances

Partager ses compétences pour aider une PME à grandir ? Une expérience porteuse de sens pour les salariés des grandes entreprises. C’est le projet du réseau Alizé (Action locale interentreprises en zone d’emploi). Patrice PECHON et Virginie BUSSAT, respectivement animateur national et responsable de la communication de ce dispositif, répondent à nos questions.

Pouvez-vous expliquer l’idée originale de mécénat de compétences proposée par le réseau Alizé ?

Le réseau existe depuis bientôt 20 ans et repose sur la mise à disposition gracieuse, par les grands employeurs locaux, de compétences de leurs cadres et techniciens. Il est destiné à des PME/PMI sélectionnées par les comités de pilotage Alizé? dans les territoires : en phase de développement et /ou de réorganisation, ces structures ont besoin d’appui technique, et elles apprécient une expertise externe dans les domaines qu’elles maîtrisent moins bien.

À quels enjeux répond le dispositif Alizé ?

À des enjeux de développement de l’emploi local et d’attractivité des territoires. Alizé? s’inscrit clairement dans un écosystème territorial qui parie, notamment, sur la solidarité interentreprises, le partage de compétences, les échanges entre collaborateurs d’entités de taille différente, et l’intergénérationnel, pour dynamiser les bassins d’emploi.

Quels sont les avantages de ce dispositif pour l’entreprise aidante et l’entreprise bénéficiaire ?

Du côté des entreprises aidantes, ce type de démarche s’inscrit dans le cadre d’une politique RSE qui trouve ainsi une incarnation de proximité. Le mécénat de compétences contribue à leur marque employeur. C’est aussi une manière de répondre à la quête de sens de leurs collaborateurs en leur proposant d’agir dans le cadre de projets concrets et valorisants.

Du côté des entreprises aidées, c’est l’opportunité de sortir de leur isolement, de bénéficier de l’accompagnement désintéressé d’un expert, d’un regard extérieur qui leur permet de se doter d’un accès à des méthodes/outils de pilotage qui viennent professionnaliser leur démarche de développement.

Quelles compétences peuvent être partagées ?

En 2015, le « top 5 » des compétences sollicitées a été le suivant : commercial (31 %), gestion-finances (14 %), stratégie (14 %), achats-approvisionnement (9 %) et HQSE (8 %). Ces données sont extraites d’une enquête de notoriété qui sera très bientôt diffusée, réalisée par ASTREES, l’association qui assure l’animation du dispositif Alizé?, avec le soutien de Malakoff Médéric.

Concrètement comment fonctionne le partage des connaissances ?

Les missions sont généralement courtes : 3 jours en moyenne, réparties en fonction des emplois du temps des deux parties. La relation de confiance qui se noue entre l’intervenant et le gérant de PME étant la condition de succès de l’accompagnement. Le lien créé perdure le plus souvent au-delà de la mission elle-même, sous forme d’échanges téléphoniques, mails, etc. C’est l’une des réussites et l’un des indicateurs de satisfaction majeurs de la part des entreprises bénéficiaires.

Partager ses compétences avec une PME contribue-t-il, selon vous, à donner du sens à la mission et à favoriser le bien-être en entreprise de celui qui transmet ?

Sortir de l’entreprise, se confronter à d’autres réalités et modèles économiques, mettre ses compétences professionnelles ou personnelles au service d’une cause, sans objectif de rentabilité : tout cela est à la fois formateur, gratifiant et enthousiasmant pour les salariés. Cette ouverture sur l’extérieur, cette prise de recul constituent assurément un plus dans une optique d’amélioration de la qualité de vie au travail.

Chiffres clés

  • 155 entreprises ont bénéficié du dispositif en 2015 pour 425 jours contractualisés, permettant d’envisager la création de 539 emplois et le maintien de 1 166.
  • Choisi par 11 % des entreprises mécènes, le mécénat de compétences représente 12 % du budget du mécénat d’entreprise, soit environ 420 millions d’euros.
  • 81 % des actions s’exercent au niveau local ou régional.
  • Pour les salariés, il représente généralement 2 à 3 jours par an mais certaines entreprises, comme la SNCF, vont bien au-delà avec 10 jours par an.
  • L’entreprise qui prête ses compétences bénéficie d’une déduction de 60 % des salaires + charges des collaborateurs engagés, au prorata du temps passé, et à hauteur de 0,5 % de son chiffre d’affaires total hors taxes.

Source : Baromètre mécénat Admical-CSA mai 2016, réseau Alizéenquête de notoriété Alizé/ ASTREES, avec Malakoff Médéric.

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