Article
6 min

Ces 5 femmes scientifiques qui font avancer la santé

Selon l’Institut statistique de l’UNESCO, à l’échelle du monde, seulement 28 % des chercheurs sont des femmes. Les chercheuses sont sous-représentées dans toutes les régions du monde, y compris dans les plus développées. Tous secteurs confondus (privé, public, enseignement…), la France plafonne à 25,3 % de femmes scientifiques, l’Allemagne à 26,8 % et le Japon à 14,6 % quand le Chili est à 31 % et l’Afrique du Sud à 43,7 %.
Afin d’encourager les carrières scientifiques chez les jeunes filles dès le collège, l’UNESCO et la Fondation L’Oréal ont lancé le programme « Pour les Femmes et la Science » en 1998. Ainsi, en 18 ans, plus de 2 170 jeunes filles réparties dans 103 pays se sont vues attribuer une bourse afin de pouvoir poursuivre leurs travaux de recherche et 92 lauréates originaires de 30 pays ont été distinguées par le prestigieux prix. Parmi elles, deux sont ensuite devenues Prix Nobel.
Les cinq lauréates 2016 du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science (dont un duo de chercheuses) ont été choisies par un jury composé de 13 personnalités de la communauté scientifique internationale sur proposition d’un collège de 2 600 scientifiques de premier plan. Le jury était présidé par la lauréate du Prix en 2008, Prix Nobel de physiologie ou médecine l’année suivante, le Professeur Elizabeth H. Blackburn qui s’est enthousiasmée de voir que « les travaux des Lauréates du Prix 2016 ont apporté une vision extraordinaire et parfois des solutions immédiates à des questions de santé humaine ».
Découvrez le parcours des cinq lauréates 2016 :

LE PROFESSEUR QUARRAISHA ABDOOL KARIM : LAURÉATE « AFRIQUE / ÉTATS ARABES »

QUARRAISHA ABDOOL KARIM

Son profil : épidémiologiste sud-africaine, 55 ans.

Son objectif : une génération sans VIH.

Le contexte de sa recherche : selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le VIH a causé la mort de plus de 34 millions de personnes. À l’échelle mondiale, c’est la première cause de mortalité chez les femmes en âge de procréer. Pour l’Afrique du Sud, l’un des pays qui compte le plus de séropositifs dans le monde, c’est un sujet de santé publique majeur. En effet, la proportion de femmes sud-africaines séropositives a été évaluée à près de 10 % chez les filles de moins de 16 ans et à 50 % chez les femmes de plus de 24 ans (principalement dans la communauté zouloue) lors de la Conférence Internationale sur le SIDA à Vienne en 2000.

Sa découverte : le Professeur Quarraisha Abdool Karim a mis au point un gel intime microbicide qui réduit de 39 % les risques de contamination au VIH. Ce gel est composé de 1 % de Ténofovir, une molécule aux propriétés antivirales utilisée dans le traitement des séropositifs, y compris dans le Truvada, le nouveau traitement préventif qui a récemment obtenu une autorisation de mise sur le marché en France.

LE PROFESSEUR ANDREA GAMARNIK : LAURÉATE « AMÉRIQUE LATINE »

ANDREA GAMARNIK

Son profil : virologiste argentine, 51 ans.

Son objectif : éradiquer la dengue.

Le contexte de sa recherche : selon l’OMS, près de la moitié de la population mondiale est exposée à la dengue. En 2013, une étude de la Revue Nature certifiée par l’OMS estimait à 390 millions le nombre de cas de dengue dans le monde. Cette infection virale transmise par les moustiques est surtout présente dans les régions tropicales et subtropicales. Elle existe sous deux formes : la dengue et la dengue sévère. La dengue sévère est l’une des causes majeures de mortalité chez les enfants dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine.

Sa découverte : les travaux du Professeur Andrea Gamarnik ont permis de découvrir les mécanismes de transmission et les facteurs de mutation du virus. Ils ont fait l’objet de plusieurs publications scientifiques et servent aujourd’hui de base à la conception de vaccins contre la dengue : le premier du genre a été autorisé sur le marché mexicain en décembre 2015.

LE PROFESSEUR HUALAN CHEN : LAURÉATE « ASIE / PACIFIQUE »

Hualan Chen

Son profil : microbiologiste chinoise, 46 ans.

Son objectif : trouver le vaccin contre la grippe aviaire.

Le contexte de sa recherche : c’est lors de l’épizootie de 2004 que le virus H5N1 a fait son apparition dans les médias à cause de son danger et de sa possible transmission à l’homme. D’après le bilan de l’OMS publié en 2013, le virus H5N1 a causé la mort de 356 personnes sur 603 cas confirmés (soit 59 % de mortalité) et le H7N9, celle de 116 personnes sur 365 cas confirmés (soit 32 % de mortalité). Des centaines de milliers de volailles contaminées par une autre souche (H5N2) avaient dû être sacrifiées au Canada. Depuis l’automne 2015, la France fait face à une nouvelle épizootie de grippe aviaire. Le 10 février dernier, 70 foyers avaient été détectés dans huit départements du Sud-Ouest…

Sa découverte : spécialisée en recherche et médecine vétérinaire, le Professeur Hualan Chen a consacré sa vie à l’étude des virus et des maladies animales induites chez les organismes vivants. Ces travaux lui ont valu d’être classée parmi les 10 personnalités scientifiques les plus importantes dans le monde par la revue Nature en 2013. Ses expériences en laboratoire visant à déterminer les facteurs de mutation du virus de la grippe aviaire contribuent largement aujourd’hui au développement de vaccins contre les différentes souches de grippe aviaire.

LES PROFESSEURS EMMANUELLE CHARPENTIER : LAURÉATE EUROPE ET JENNIFER DOUDNA : LAURÉATE AMÉRIQUE DU NORD

Emmanuelle Charpentier                                                                   Jennifer Doudna


Son profil :
biologiste française, 47 ans                                                                  Son profil : biochimiste américaine, 52 ans.

 

Leur objectif commun : pouvoir corriger le code génétique.

Le contexte de leurs recherches : le Professeur Emmanuelle Charpentier, spécialiste en biochimie et génétique bactériennes, a d’abord découvert le CRISPR (Clustured Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats) : ce sont des « ciseaux moléculaires » qui permettent de cibler le code génétique avec une extrême précision, lettre par lettre. En 2011, elle entre en contact avec le Professeur Jennifer Doudna : elle est poussée par l’intuition que les découvertes de cette spécialiste en biochimie et biologie structurales sur l’enzyme programmable Cas9, capable de découper l’ADN, vont leur permettre d’aller encore plus loin.

Leur découverte :
C’est donc ensemble qu’elles mettent au point la technique du CRISPR-Cas9 qui combine leurs deux découvertes initiales et permet de modifier le génome de manière très ciblée. « Le CRISPR-Cas9 agit comme un logiciel de traitement de texte qui peut permettre d’éditer ou de corriger la typographie d’un document » explique la biologiste Emmanuelle Charpentier.
Leur découverte est donc très prometteuse : elle pourrait révolutionner les traitements médicaux et sauver des millions de personnes atteintes de maladies génétiques. Mais ces « ciseaux moléculaires » aux possibilités médicales presque infinies soulèvent également des questions morales et idéologiques. Les deux scientifiques ont d’ailleurs souhaité un moratoire temporaire sur les expériences sur le génome de l’embryon et la mise en place d’une commission éthique pour encadrer l’ingénierie génétique.
C’est en tout cas la première fois qu’un duo de chercheuses est distingué par le Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, preuve que la collaboration dans le domaine scientifique est cruciale pour l’innovation

Cette année, ces cinq femmes d’exception recevront leur récompense lors de la soirée palmarès qui se déroulera le 24 mars prochain dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne à Paris.
À cette occasion, chacune des lauréates recevra également 100 000 euros en récompense de sa contribution aux progrès de la science.
En cette journée internationale des droits des femmes, Le Hub Santé vous propose d’en savoir plus sur ce prix prestigieux et sur ces travaux scientifiques qui font avancer la santé.

Mots clés :
Prévention santé
Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Cette Newsletter est éditée par l'Association de Moyens Assurances (AMA) : Association régie par la loi du 1er juillet 1901 - 21 rue Laffitte 75317 Paris cedex 09 - Tél. : 01 56 03 34 56 Siret : 812 986 289 00013 - N° Orias : 16000160.
En application à la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et, le cas échéant, de suppression de toute information vous concernant figurant dans nos fichiers, en vous adressant à : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou à Malakoff Médéric- Pôle Informatique et Libertés Assurance - 21 rue Laffitte - 75317 Paris Cedex 9.