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CES de Las Vegas : de l’Internet des objets vers l’Internet des services

Le 13 janvier 2016, le HUB Institute avait organisé son traditionnel « Hub Day Prédictions ». Une conférence au cours de laquelle le think tank digital fondé en 2012 par Vincent Ducrey et Emmanuel Vivier, a présenté une synthèse de l’édition 2016 du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas.

Pour lancer le « Hub Day Prédictions 2016 », Emmanuel Vivier est revenu en chiffres sur la toute récente édition du CES de Las Vegas, ce rendez-vous de l’électro ménager mondial recentré depuis près de trois ans sur l’Internet of Things (IoT) et les startups. Un événement à l’échelle de la démesure de cette ville pop-up surgie en plein désert qui a rassemblé cette année « 3 631 exposants et 375 startups dont 190 françaises. 82% des plus grandes compagnies mondiales étaient présentes et 153 pays représentés. » Une session qui n’était « pas un millésime de rupture technologique, mais de consolidation pour différents business models et sujets » comme l’a précisé Christian Poyau, le Président de la Commission transformation numérique du Medef.

Les experts du Hub Institute ont identifié huit hyper tendances dominantes parmi lesquelles, en effet, des confirmations pour la maison connectée « qui consacre la domotique 2.0 », ou encore l’automobile (un tiers des stands) avec des voitures toujours plus intelligentes et connectées, la réalité virtuelle et augmentée, les robots et drones, l’impression 3D et la ville intelligente.

En matière de santé et bien-être, « les mots d’ordre étaient : prévention, surveillance, confort et contrôle. » Et là encore, confirmation de tendance pour les objets permettant de s’auto-surveiller comme les bracelets connectés : leur durée de vie moyenne étant de 6 mois, le turn over favorise l’émergence de « toutes sortes de modèles allant du bracelet bijou à l’objet bas de gamme ou, au contraire, hyper high tech ». Idem pour les balances connectées : aux modèles complexes (Withings) s’ajoutent des versions simplifiées qui communiquent uniquement par smiley (Quardio). Sans compter les appli coach de plus en plus pro (Gymwatch) et les chaussures de sport modulables, à l’image des Enko Shoes (primées à Vegas), dotées d’amortisseurs réglables en fonction du poids du coureur et du type de course…

Au registre de l’inattendu : un casque favorisant la repousse des cheveux (Aspira science), une bande qui se met sur le lit pour analyser la qualité du sommeil (Beddit), un matelas détecteur de ronflements et le premier réveil olfactif au monde, Sensor Wake, déjà finaliste du Google Science Fair 2014, Médaille d’or du Concours Lépine 2015 et primé au CES. « Preuve que les odeurs sont une nouvelle dimension que l’IoT ne va pas manquer d’explorer tant elles nous promettent des expériences hautement immersives. ». L’alimentation est autre une source d’inspiration forte pour les startups qui imaginent des dispositifs pour analyser la composition des aliments (spectromètre de masse Airspeck) et les intolérances alimentaires (détecteur de gluten Nima). Très attractifs également : le marché des petits avec des biberons connectés, des brosses à dents qui rendent le brossage plus ludique (Kolibree) et un thermomètre connecté qui promet 4 000 mesures en moins de 2 secondes (Withings) ; et le marché des seniors avec des fourchettes et tasses permettant de limiter les tremblements (Gyenno Cup), des gourdes et des verres intelligents pour prévenir la déshydratation (Lifuels et Auxivia).
Enfin, Ampy Move propose de convertir la chaleur corporelle en capacité de batterie. Ainsi, en quelques heures de marche, on peut recharger son téléphone pour 5 à 6 heures : une innovation qui offre une réponse partielle à la prolifération des objets connectés et qui est à rapprocher de « l’interopérabilité », autre tendance dominante au CES cette année, qui consiste à imaginer des scénarios permettant de connecter plusieurs objets à une même interface ou de rendre intelligents des objets passifs. Evidemment, pour résoudre les questions de compatibilité technologique et de standards, il faudra que les marques acceptent de communiquer et de co-investir, comme a pu le faire Orange pour imaginer « Flic », le bouton à tout faire capable de déverrouiller sa porte, de piloter son alarme et d’appeler un taxi.

« Le sujet, c’est comment passer de l’internet des objets (IoT) à l’Internet des services (IoS) et plus particulièrement des services de proximité », a expliqué David de Amorim, Directeur Innovation chez Docapost, filiale du groupe La Poste. Cette année au CES, sur son imposant stand, cinq fois plus grand que celui de l’an dernier, La Poste s’est positionnée en animateur de l’équipe de France de l’IoT. Elle avait embarqué 4 grands groupes industriels, dont Malakoff Médéric, et 15 startups sélectionnées au terme d’un concours lancé dans cinq régions.

« Nous avons bâti une logique de filières, centrées sur les cas d’usage, en composant des équipes associant des grands groupes et des startups. Très concrètement, avec l’appli « Le Hub Numérique » que nous allons lancer prochainement, on pourra à distance, lorsque son enfant a oublié ses clés par exemple, déverrouiller la serrure de son domicile après avoir vérifié l’identité du visiteur grâce à la caméra de l’interphone. »

Autres exemples parmi les 22 cas d’usages consolidés par La Poste lors du CES : le purificateur d’air de la startup Air Serenity associé à la balance Withings et à un vélo connecté qui permet à Malakoff Médéric de proposer un coaching santé adapté aux asthmatiques. Ou encore, l’association du verre connecté Auxivia aux lunettes connectées Atoll et aux interrupteurs et volets connectés Legrand, qui permet de recouper trois indices d’activité au domicile d’une personne âgée. Et en cas de calme anormal, de déclencher une alerte auprès des proches ou même du facteur en premier recours…

« L’Iot permet de repenser notre quotidien, mais en plus simple, a conclu le Directeur Innovation chez Docapost. Il reste à résoudre la question du modèle économique (paiement à l’acte ou par abonnement) pour que ce développement devienne pérenne. »

Le mouvement de l’IoT vers l’IoS est enclenché. Et tout laisse penser qu’il est irréversible.

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