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Droit à la déconnexion : du tri dans nos emails avec Timyo

L’explosion des outils numériques a bouleversé le rapport des salariés à leur emploi. Aujourd’hui, ils sont 30 % à consulter leurs emails professionnels en dehors des heures de travail. Chez les cadres, ce pourcentage monte même à 48 %[1]. Alors que le « droit à la déconnexion » inclus dans la loi travail El Khomri se met en place dans les entreprises pour préserver l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, Timyo se pose comme un outil qui pourrait bien révolutionner la communication d’entreprise. Rencontre avec son fondateur, Fabrice Dumans.

Comment fonctionne Timyo et à quoi sert-il ?

Timyo signifie « Time is my own », mon temps m’appartient. C’est un outil qu’on ajoute à sa messagerie numérique. Avant d’envoyer un email, on doit préciser ce qu’on attend de son destinataire (lire un document, accomplir une tâche, etc.) et pour quand. Le destinataire dispose ensuite de ces infos en en-tête d’email. Timyo sert ainsi à retrouver de la lisibilité dans sa messagerie. L’idée m’est venue ayant moi-même été victime du stress généré par notre mode de traitement des emails. Quand je travaillais pour de grandes entreprises informatiques, il me restait parfois 50 emails à lire en fin de journée. Or seulement 2 ou 3 justifiaient que je reste au bureau. J’avais le sentiment de ne pas maîtriser ma messagerie. Avec Timyo, en un coup d’œil, on sait ce qui est urgent et ce qui peut attendre.

Qu’est-ce que cela modifie concrètement ?

Cela nous responsabilise car nous sommes tous victimes et bourreaux en même temps. Nous subissons la pression exercée par une communication qui s’est accélérée mais nous envoyons aussi beaucoup d’emails en attendant des réponses rapides. Parmi les gens qui reçoivent des messages le week-end ou pendant les vacances, beaucoup se sentent obligés d’y répondre. Avec Timyo, on sait désormais ce qui est impératif et ce qui ne l’est pas. Le rapport au sentiment d’urgence change. On peut mieux organiser son temps et son travail. Et de son côté, celui qui envoie des mails le dimanche en demandant qu’on y réponde tout de suite devra assumer son comportement !

Quels sont les bénéfices pour l’entreprise et ses salariés ?

Ils sont nombreux. D’abord on réintroduit de la clarté dans la communication : on sait qui veut quoi et pour quand. Ensuite on gagne en efficacité. C’est fini les emails du type « Je reviens vers toi plus tard avec l’info » qui ne servent qu’à signifier à la personne qu’on a bien reçu son email et éviter qu’elle s’agace. On revient plus tard vers elle, avec l’information demandée sans que personne n’ait subi de stress. En parallèle, les emails urgents sont mieux identifiés et obtiennent, eux, des réponses plus rapides. Enfin, on retrouve de la profondeur et de l’analyse dans les échanges. Aujourd’hui, à force de recevoir des emails, on dit « Tu ne m’écris pas plus de 5 lignes ! » Or il vaut mieux écrire un mail de 35 lignes qui contient tous les éléments du problème, en précisant qu’il est à lire pour dans 3 jours. On évite cet appauvrissement de l’information, de plus en plus répandu.

Timyo se pose-t-il en alternatives aux mesures radicales, comme l’interdiction d’envoyer des courriels le week-end ou après 18 heures ?

Internet et ses outils sont des progrès. Ils permettent aux gens de travailler à distance, d’aménager leurs horaires. Il ne faut pas empêcher le progrès mais l’améliorer. Les entreprises internationales ou les gens qui ont des horaires aménagés doivent pouvoir travailler le soir ou le week-end. L’important, c’est de réguler les flux. Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas rester dans le statu quo actuel, qui est néfaste pour l’efficacité des entreprises et dangereux pour la santé des humains. N’oublions pas que les burn-out touchent les personnes les plus impliquées dans l’entreprise, celle-ci doit donc tout faire pour les sauver. Dans un monde de plus en plus collaboratif, l’efficacité d’une entreprise dépend de la somme des individus. Rééquilibrer leurs échanges, c’est essentiel.

[1] Malakoff Médéric, Santé & bien-être des salariés, performance des entreprises, 2016.

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