Article
5 min

Cécile Dejoux, experte du management 4.0 : IA et capital humain

À l’occasion d’une conférence sur « La place de l’humain dans l’entreprise à l’ère de l’Intelligence artificielle », organisée pour les collaborateurs de Malakoff Médéric, Cécile Dejoux, la rock star des MOOC et spécialiste de l’innovation managériale au CNAM et à l’ESCP Europe, donne les clefs de compréhension pour mieux adapter le monde de l’entreprise à l’ère de l’IA. Un vrai manuel de survie à destination des managers.

Aujourd’hui, certains penseurs jouent sur les peurs et brandissent l’Intelligence artificielle comme un épouvantail. Pour éviter de tomber dans ce climat anxiogène néfaste à la réflexion, je propose, à l’aune de la maxime des Lumières, « Sapere aude, Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! », de comprendre l’IA avant de la critiquer.

Loin d’être une machine qui aurait conscience d’elle-même, l’intelligence artificielle se définit, pour le moment, par des systèmes d’informations fondés sur des algorithmes destinés à collecter, trier et analyser les multiples données que nous produisons.

Mais ce serait jouer les autruches de ne pas voir que l’IA va affecter la façon dont on va travailler demain. Certains métiers vont disparaitre et d’autres apparaitre. Les entreprises doivent donc s’interroger sur les compétences dont elles auront besoin pour mettre en œuvre leur stratégie de développement et le manager est en première ligne pour accompagner la transformation numérique.  Et pour réussir ce passage, il faut bien prendre conscience que nous sommes entrés dans une nouvelle civilisation, celle de la civilisation numérique caractérisée par une création continue de réseaux et d’objets de plus en plus complexes. Son territoire est immatériel, son expansion est illimitée et comme toute civilisation, celle-ci a ses codes, ses valeurs, son langage spécifiques que nous devons maitriser pour mieux agir et interagir entre nous mais aussi avec les objets et les processus intelligents. Qu’est-ce qu’une bonne donnée ? Comment la partager et la valoriser ?  Ce sont des questions fondamentales que doivent se poser les entreprises pour éviter l’inumérisme de ses collaborateurs.

La météorite du numérique est venue torpiller de plein fouet la planète de notre système de pensée en imposant de nouveaux paradigmes. Le savoir s’est mutualisé, le collectif a détrôné l’expert, l’immédiateté prime sur le temps long terme. Dans l’entreprise, on désapprend les anciens modes de travail silotés et individuels pour mettre en place de nouveaux modes de travail adaptés au numérique comme le principe du people before process qui amène à privilégier une équipe soudée sur des expertises isolées, les relations humaines avant l’application d’une procédure, l’adaptation au changement plutôt que le suivi d’un plan.

Mais gare aux préjugés ! Dans les entreprises, le passage au numérique rime souvent avec plus d’open space, de flexibilité, de multi taches, de collaboratif. Or, une entreprise réussit sa mue numérique et transforme son business model à partir du moment où elle met en place la règle fondamentale des 4 R : un Rôle, des Règles, des Rites, de la Reconnaissance. A l’ère du numérique, une équipe est performante, non pas parce que chaque collaborateur fait trente-six choses à la fois et en même temps mais lorsque son manager attribue un rôle particulier à chacun, institue des règles à respecter, met en places des rites c’est-à-dire des moments spécifiques dédiés au feedback, au partage d’expérience, à l’apprentissage, et répond au besoin de reconnaissance pour faire naitre le sentiment d’appartenance.

Certes, le numérique et les systèmes intelligents permettent d’aller plus vite en pilotant à notre place des tâches automatisables comme la gestion des agendas avec la prise de rendez-vous. Mais la machine ne saura jamais donner du temps au temps. Un manager efficace est celui qui a mis en place la logique du séquentiel qui accorde un temps pour lire ses mails, un temps pour faire des réunions, un temps pour écrire et surtout un temps pour apprendre.

S’adapter à l’IA signifie donc de comprendre et de maitriser les codes de la civilisation numérique tout en maintenant une temporalité classique où le séquentiel donne le rythme et impose un ordre bénéfique à l’ensemble de l’équipe.

Pour en savoir plus :

Son livre : « Métamorphoses des Managers à l’ère du numérique et de l’IA». Co-écrit avec Emmanuelle Léon, professeur à l’ESCP- Europe et spécialiste des problématiques RH, Cécile Dejoux invite à dépasser le buzzword qu’est IA pour comprendre son rôle sur l’évolution des métiers. Son livre est un manuel destiné aux managers pour les aider à prendre des mesures pour trouver le juste équilibre entre le travail humain et l’IA et à réfléchir sur une nouvelle répartition des tâches, celles qui vont pouvoir être déléguées à l’IA et celles qui resteront dans le giron des compétences purement humaines liées à la créativité, la décision et l’empathie.

https://www.ceciledejoux.com/

Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Cette Newsletter est éditée par l'Association de Moyens Assurances (AMA) : Association régie par la loi du 1er juillet 1901 - 21 rue Laffitte 75317 Paris cedex 09 - Tél. : 01 56 03 34 56 Siret : 812 986 289 00013 - N° Orias : 16000160.
En application à la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et, le cas échéant, de suppression de toute information vous concernant figurant dans nos fichiers, en vous adressant à : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou à Malakoff Médéric- Pôle Informatique et Libertés Assurance - 21 rue Laffitte - 75317 Paris Cedex 9.