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Des syndicats au cœur des réseaux d’entraide face aux fragilités

Quand il y a urgence à répondre aux fragilités des salariés, les collègues sont les mieux placés pour détecter, écouter et orienter celles et ceux qui souffrent. Des directions ont ainsi lancé des réseaux internes d’aide de proximité basée sur le volontariat ; les syndicats agissent aussi en la matière.

Les « bienveilleurs » chez Casino, les référents de santé et de vie au travail (SVT) chez Accor ou les délégués sociaux chez HPE, les réseaux d’entraide de proximité en place dans les entreprises prennent des noms et origines variés. Si « Les « bienveilleurs » de Casino relèvent d’une initiative de la direction, la démarche est partagée avec les syndicats chez Accor tandis que c’est une initiative de la CFTC qui développe la formation de délégués sociaux chez HPE.  Trois réseaux qui partagent la même finalité : assister les salariés en difficulté avec chacun son approche.

Se former à l’écoute des fragilités des salariés

Pas de conditions particulières pour devenir l’un des 800 « bienveilleurs » mais chacun a suivi une formation lui permettant de détecter quelqu’un qui souffre. Chez Accor, il faut deux ans d’ancienneté et une empathie reconnue pour intégrer le réseau des 22 référents lancé en 2014 au niveau du siège social. Ces référents qui ont eux aussi été formés ont accompagné 17 salariés en 18 mois. Une trentaine de militants CFTC d’HPE sont devenus délégués sociaux après avoir tous suivi une formation de trois jours, inspirée et adaptée du programme de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), premier syndicat de la province, qui a lancé son réseau d’entraide il y a 35 ans.  Aujourd’hui, 3 000 délégués sociaux sont en place dans 1100 milieux de travail québecois avec un savoir-faire qui repose sur la formation, les ressources et la capacité d’animer un réseau. Une condition sine qua non pour que le souffle ne retombe pas. « Des réunions sont organisées régulièrement pour partager les expériences. C’est un élément clef de la formation continue des délégués sociaux. La formation de base et continue témoigne de notre volonté d’investir sur des compétences. Chez HPE, la direction l’a bien compris et ne s’est donc pas opposée à ce que la formation puisse se dérouler sur le temps de travail », explique Jean-Paul Vouiller, délégué syndical national CFTC d’HPE à l’initiative du partenariat avec la FTQ qui a permis de former 180 adhérents dans 20 entreprises dont HPE, DXC, Thalès….

Face aux fragilités d’ordre psychologique

Les besoins d’assistance des salariés en situation de fragilité sont partout. Ainsi, à l’Éducation nationale, le SNACL (deuxième syndicat de l’enseignement secondaire) propose depuis 18 mois le service MobiSNALC, qui vise à accompagner les professeurs en souffrance dans leur métier. Comme dans toutes les entreprises, ce sont bien souvent avant tout des difficultés d’ordre psychologique qu’il faut régler pour retrouver une voie qui ait du sens. Près de 500 professeurs ont bénéficié de ce service qui fonctionne à distance sur une plate-forme d’échange privative où des coaches et psychologues interviennent : 70 % sont de nouveaux adhérents et 50 % ont finalement décidé de ne pas quitter l’Éducation nationale. Face au poids croissant des fragilités psychologiques, l’État français a décidé d’introduire une formation aux premiers secours en santé mentale déjà mise en œuvre dans 20 pays. Les étudiants seront les premiers formés. « C’est en entreprise que les besoins d’interventions sont les plus importants. Il faut adapter la formation de salarié sauveteur secouriste du travail à toutes les problématiques de la santé mentale. Il y a urgence », souligne Jean-Paul Vouiller.

Une association des réseaux d’entraide

Le 16 novembre 2017, la CFTC d’HPE réunissait 300 participants à Issy-les-Moulineaux sur le thème des réseaux d’entraide avec une vingtaine d’intervenants français et canadiens. L’occasion d’annoncer la création de l’Association nationale des réseaux d’entraide en entreprise (ANREE). « L’objectif est de partager nos expériences et nos ressources respectives en s’affranchissant des étiquettes syndicales ou patronales d’origine. C’est ainsi que tous les membres vont bénéficier du savoir-faire de plusieurs entreprises qui ont des réseaux d’aidant », illustre Philippe Boutrel, président de l’ANREE, auteur en 2016 d’un mémoire titré « Ecoute individuelle des salariés et qualité de vie au travail : y-a-t-il un lien ? » dans le cadre du master de négociations et relations sociales de Paris Dauphine. Le volet partage des ressources tant internes que externes, au travers notamment de la connaissance des intervenants susceptibles d’apporter un soutien expert, est un socle constitutif de l’association qui a déjà identifié une quinzaine de réseaux d’entraide. Plus ces derniers seront actifs et plus les interventions des experts externes seront efficaces car bien préparées.

Cet article a été rédigé par Miroir Social.

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