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La silver génération : pas si fragile que ça !

Notre étude sur les fragilités des salariés en entreprise révèle que les salariés de plus de 55 ans sont plus touchés que les autres par les fragilités personnelles de type rôle d’aidant, maladie grave, handicap, deuil mais aussi par des difficultés liées à l’allongement de la vie professionnelle. Aujourd’hui, on demande aux seniors de s’adapter aux nouvelles injonctions organisationnelles de l’entreprise libérée et désilotée, qui correspondent aux attentes libertaires de la génération y et Z mais l’entreprise n’a-t-elle pas aussi à y gagne en capitalisant sur l’expérience de leurs aînés ? Serge Guerin, sociologue, expert de la silver génération et professeur à l’Inseec, nous livre son éclairage pertinent sur le sujet.

Allongement de la vie pro : quelles fragilités ?

On peut voir les salariés plus âgés comme des personnes qui accumulent des fragilités. Par exemple, des fragilités sociales car ils sont souvent eux-mêmes en situation de difficultés. Ils peuvent être aidants d’un proche, d’un parent touché par telle ou telle maladie ou simplement par le grand âge. En même temps, ces personnes là, selon leur vie professionnelle, peuvent être aussi touchées par des maladies ou des déficits physiques parce que simplement leur vie a été difficile, leur vie au travail a été difficile. Et puis, ces personnes là, peuvent être aussi, à un moment de leur vie où elles ont vu beaucoup de difficultés dans le travail et donc être fragilisées en terme de souffrance au travail.

Accompagnement de fin de carrière : quel management ?

On est ici à l’INSEEC, dans une école de commerce où on forme les managers. La question première du management, ce ne sont pas les personnes fragiles mais les personnes qui encadrent, qui sont là pour mobiliser et motiver les personnels dont les personnes fragiles. Sans doute, en créant une entreprise plus accueillante, plus bienveillante, on crée aussi une entreprise plus performante.

La Silver Génération : un levier de performance ?

La présence même des seniors contribue à transformer la représentation que peut avoir l’entreprise d’elle-même. Je ne suis pas qu’un conglomérat d’individus, je suis un ensemble d’êtres humains, avec pour certains des fragilités à un moment donné. En pensant aux plus âgés, je vais finir par penser à tout le monde. C’est un petit peu comme dans une ville. Au début, c’était les gens en situation de handicap qui disaient, pour prendre le bus, ça nous embête beaucoup qu’il y ait des marches, s’il y avait une plateforme, ce serait plus facile pour les gens qui sont en mobilité réduite.

Et aujourd’hui, ça arrange les gens en situation de handicap, ça arrange les gens âgés, mais ça arrange aussi les personnes qui ont une poussette, ça arrange aussi les personnes qui portent un colis lourd, ça arrange aussi les enfants, enfin ça ne gène personne. Personne n’a fait une manifestation parce qu’on a supprimé les marches.
Eh bien, c’est pareil dans une entreprise. Si on améliore les conditions de travail en disant, si on veut que les plus plus âgés puissent travailler de manière efficace dans l’entreprise, en fin de compte, ça rendra tout le monde plus efficace.

Le choc des générations : une idée fausse ?

Il y a un discours totalement faux, aberrant et contre-productif, il y a un discours médiatique et politique et parfois d’entreprise qui oppose les générations : les millennial connaissent mieux l’informatique mais pour autant, ils n’ont pas un comportement si différent que ça que des gens qui ont aussi évolué pendant leur 30 ans de vie professionnelle et qui n’attendent pas un management aussi vertical qu’auparavant. De la même manière, les plus jeunes n’attendent pas toujours un management aussi souple qu’on veut bien le dire parce qu’il ont aussi besoin, à un moment donné, qu’on donne un cadre, qu’on fixe une ligne.

Le problème demandé par tous, quelque soit leur âge, ce ne sont pas les mots, le vocabulaire, c’est le sens : à quoi on sert ? Et quelqu’un de 59 ans et demi ou quelqu’un de 19 ans et demi demandent la même chose : quel est mon rôle dans l’histoire ? Si on me donne du sens, je resterais plus longtemps dans l’entreprise, que j’ai 59 ans et demi ou 19 ans et demi. La question, c’est le sens, la vision, bien plus que des modes de management avec des petits discours sur les générations qui s’ancrent dans du marketing, dans du discours mais qui s’ancrent en rien dans les réalités. Si on sait leur donner du sens, si on sait les respecter et leur permettre de libérer une créativité, qu’ils aient 19 ans et demi ou 59 ans et demi, dans les deux cas, c’est ça dont ils ou nous avons envie.

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