Interview
3 min

Parole libérée, vie privée respectée

Pour Laurence Breton-Kueny DRH du Groupe Afnor et vice-présidente de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), la confidentialité des fragilités des salariés est un principe qui permet d’instaurer un climat de confiance propice à l’accompagnement et au soutien social des collaborateurs.

Notre étude sur les situations de fragilité des salariés révèle que 50% des dirigeants interrogés se disent freinés dans l’accompagnement des personnes « fragiles » par peur de paraître intrusif. Êtes-vous confrontée à ces obstacles ?

Chez Afnor, il nous arrive d’être alertés par les managers ou les représentants du personnel mais ce sont en général les salariés qui prennent l’initiative de venir nous parler eux-mêmes. Ils viennent aussi sur les recommandations du collègue auprès de qui ils se sont préalablement confiés. Ainsi, en acceptant de dévoiler une part de leur intimité à l’entreprise, ils nous font confiance à la fois pour respecter leur vie privée mais également pour les aider à surmonter les difficultés auxquelles ils font face. Par ailleurs, dans certaines situations nous sommes tout de suite au courant, par exemple en cas de deuil puisque lorsqu’un salarié perd un proche, il fait valoir son droit à des jours de congés pour traverser cette épreuve.

Au niveau RH, comment la confidentialité des situations de fragilité est-elle traitée ?

Dans notre métier, le respect de la confidentialité est un impératif qui s’applique à l’ensemble des données personnelles de nos collaborateurs. Lorsqu’un salarié rencontre une situation de fragilité, il est entièrement libre de choisir le niveau d’information qu’il souhaite partager avec la DRH. Et de notre côté, nous avons la responsabilité d’instaurer un bon climat de confiance pour inciter les salariés à nous solliciter. Mais étant donné que nos compétences ont leurs limites, notre mission est aussi d’orienter le salarié vers les services adéquats en fonction de la situation : médecine du travail, assistance sociale, etc., qui sont, eux aussi, soumis au devoir de confidentialité.

Quels « type » de fragilités observez-vous en tant que DRH du groupe Afnor ?

Je suis confrontée au quotidien à des salariés vivant des situations de fragilités d’origine à la fois professionnelle et personnelle. Mais avec de nombreux cas liés à des difficultés financières.

Les entreprises sont-elles suffisamment formées et sensibilisées à la détection et à l’accompagnement des collaborateurs fragiles ?

Pas forcément, car la détection n’est pas si simple. Si un désengagement, une démotivation au travail, l’absentéisme, un changement soudain de comportement sont autant de signaux faibles pour détecter les collaborateurs en difficulté, cette détection revêt toujours une certaine complexité.

Il existe autant de situations de fragilités que l’on compte d’individus.

Il existe autant de situations de fragilités que l’on compte d’individus. Et c’est là tout le challenge pour l’entreprise qui doit proposer des solutions d’accompagnement adaptées à chaque salarié en difficulté.

A propos de Laurence Breton-Kueny : Vice-présidente de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), Laurence Breton-Kueny est DRH du groupe Afnor. Elle a signé plusieurs ouvrages, dont « 100 questions sur l’hygiène de vie et bien-être au travail » comme co-auteur, paru aux Editions Afnor en février 2016.

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