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Digital détox & Bien-être au travail

Comment ne plus subir la tyrannie des écrans et choisir (vraiment) ses temps de connexion et de déconnexion ? Quelques pistes avec le livre La civilisation du poisson rouge de Bruno Patino, Directeur éditorial d’Arte et doyen de l’Ecole de journalisme de Sciences Po.

Le temps nous manque et notre capacité d’attention se réduit. “Le marché de l’attention, c’est la société de la fatigue”, explique Bruno Patino dans son livre La civilisation du poisson rouge. Alors, notre cas est-il désespéré ? Avons-nous vocation à rester collés à nos écrans par crainte de manquer quelque chose et à laisser glisser le temps perdu, inexorablement ? Non, pas tout à fait. Le combat commence et il passe par une réappropriation de son temps.

La ruée vers le temps, nouvel eldorado du 21ème siècle

Car le temps est devenu un enjeu, il a acquis une valeur financière, qu’il s’agisse d’une tâche à accomplir (le fameux chiffrage d’un projet en jours/hommes) ou de notre temps d’attention à tous qui attise les convoitises du capitalisme de l’attention. C’est ce que Bruno Patino appelle la « ruée vers le temps ». « Les outils numériques ont généralisé la capacité technique de faire plusieurs choses en même temps. La connexion permanente et la mobilité ont conquis le temps « inutile », dans les transports notamment. Mais le modèle économique de l’attention impose une croissance permanente du temps passé devant l’écran », explique-t-il.

Mantra digital détox

Résultat : nous ne vivons plus dans un temps mais dans plusieurs, qui se superposent et se mélangent, envoyant même valser le principe de la journée de 24h… « En 2018, les 24 heures d’un citoyen américain durent plus de 30 heures. Le sommeil absorbe 7 heures d’une journée, la nourriture, le ménage, la vie sociale un temps similaire, 6 h 55, et le travail, 5 h 13. À ces 19 h 08 minutes s’ajoutent 12 h 04 par jour consacrées aux écrans, aux médias et au numérique. Une moitié de vie. Une moitié de vie commercialisable. Une moitié de vie commercialisée. »

4 ordonnances pour déconnecter

Pourtant, le temps perdu peut se retrouver, et le temps subi peut de nouveau être choisi. « Une nouvelle sagesse, un nouvel apprentissage de la liberté se profile. Il s’agira d’avoir non plus accès à la connexion, mais à la déconnexion. (…) Les retraites spirituelles dans les monastères ont changé de nature : il fallait échapper au monde pour trouver Dieu, il faut désormais échapper aux stimuli électroniques pour, simplement, se retrouver. Être coupé des réseaux pour, enfin, être à nouveau au monde. »

Les TIPS de la digital détox au travail

Pour y parvenir, Bruno Patino dresse quatre ordonnances :

  • Sanctuariser

Se déconnecter, c’est bien, mais c’est une démarche individuelle. Ne devrait-on pas envisager des zones plus larges de déconnexion ? C’est le parti pris de l’auteur : « L’établissement de zones hors connexion à l’image des zones non-fumeurs relève de la santé publique. »

A quoi ressemblerait un monde luttant contre les sollicitations permanentes. « J’imagine sans difficulté un grand nombre de lieux hors connexion, où un simple panneau indiquera qu’il n’est pas possible de laisser les sollicitations interrompre ce que nous vivons ensemble. (…) Après tout, l’écran du portable est l’écran de l’intime : il n’est pas anormal de ne pas l’imposer à ceux qui nous entourent. »

  • Préserver

« La reconquête de nos existences passe par notre capacité à définir des moments sans connexion, et surtout sans interaction sociale numérique », soutient Bruno Patino, qui propose l’idée d’un sas pour déposer son portable avant une réunion, une conférence ou un repas en famille… Domestique, familiale, amicale ou professionnelle, toutes les sphères sont concernées. « Installer ce genre de panier, de pochettes qui laissent seulement passer les appels téléphoniques en empêchant la connexion devra, à l’avenir, se banaliser », prévient-il.

Mais l’auteur va plus loin et imagine un monde où les réseaux sociaux, ceux-là mêmes qui se sont construits sur la sollicitation permanente et nos connexions compulsives, nous accompagneraient dans cette déconnexion : « Bonjour, il nous semble que vous avez été très présent sur Facebook ces derniers jours. Et si nous cessions d’interagir pendant quelques jours ? Êtes-vous d’accord ? Laissez-moi prévenir vos amis. »

Et si demain, les vacances ne se comptaient plus en CP mais en jours de déconnexion ?

  • Expliquer

C’est en comprenant les ressorts de certains sites que l’on peut comprendre les mécanismes de notre propre addiction. Pour devenir un utilisateur éclairé et non plus captif.

  • Ralentir

La reconquête du temps et de moments de silence, ou sans interruptions et stimuli électroniques, permet de resynchroniser son rythme. Méditation, lecture, marche… c’est un nouvel éloge de la lenteur, concept déjà défendu par Carl Honoré, qui se profile. Dans une société où tout s’accélère, ralentir est une mesure de résistance. C’est aussi une mesure de libération.

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