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4 min
02/10/2019

Les managers au cœur de la QVT

Acteurs clefs de la conduite des transformations organisationnelles et de la QVT de leurs collaborateurs, les managers sont très engagés dans leur travail et dans leur entreprise. Et pourtant, ils ressentent plus fortement que les autres la fluctuation de leur propre qualité de vie au travail. Autonomie, pouvoir décisionnel, engagement, bien-être et rythme de travail…
Zoom sur une population essentielle pour l’entreprise mais aussi fragilisée.

Si les managers sont plus nombreux que les non managers ( 67%[1] vs 53%) à se sentir reconnus par leur hiérarchie, ils doivent néanmoins faire face à des difficultés liées à la gestion des priorités et à la pression qui s’en suit. Ainsi, ils sont plus nombreux à être souvent stressé : 49% vs 41% chez les non managers, un chiffre en hausse de 6 points par rapport à 2018.
Comment dès lors appliquer une politique de QVT quand on a du mal à l’appliquer à soi ? tel est le défi complexe que doivent prendre à bras le corps les managers.

Manager, oui, mais pas n’importe comment

D’après une étude du cabinet Management & RSE, les dirigeants d’une entreprise perçoivent le rôle du manager de la manière suivante : 25% de leur tâche serait de la production dans leur domaine de compétence et de la représentation, 15% de la gestion et de l’administratif comme des reportings, 40% de l’animation d’équipe et 20% de recherche d’innovation.
La réalité ? 38% de production, 34% de gestion, 19% d’animation d’équipe et 9% d’innovation.

Les managers occuperaient donc une fonction aux contours encore mal définis. Ce flou est entretenu par des attentes qui ont tendance à s’opposer. D’un côté, les membres de son équipe attendent de lui une bonne connaissance de leurs compétences ainsi qu’une proximité plus importante comme l’indique Jean-Pierre Brun professeur de management et directeur de la Chaire en Gestion de la Santé organisationnelle et de la Sécurité du travail à l’université Laval « la proximité des managers est un levier très puissant pour les employés ». Tandis que de l’autre côté, sa hiérarchie lui demande toujours plus de reporting et de contrôle.

Ces injonctions contradictoires expliqueraient sans doute pourquoi le management est objet d’une satisfaction mitigée. En effet, selon les résultats de la 11ème édition du Baromètre Santé et qualité de vie au travail, le management arrive seulement à la 5ème place des critères de satisfaction au travail derrière la protection sociale, l’organisation du travail, les relations entre les services, la communication …

Quant aux managers, ils déplorent un manque de marge de manœuvre au quotidien. Ils étaient 59% à affirmer pouvoir prendre des décisions dans leur travail en 2010, ils ne sont plus que 39% en 2019. Alors, une question se pose : comment manager si on ne peut pas manager ?

Manager en quête d'autonomie

Redéfinir et clarifier le poste de manager

La qualité de vie au travail, ne passe pas forcément par la création d’une salle de sport ou par des afterworks. Une quête de sens, de compréhension du poste et une fluidité dans les échanges se mesurent également.

Dans le cas du manager, l’essentiel est de dessiner les contours d’un poste qui est confronté à une perte de sens car il est en pleine mutation.

« Le rôle du manager a évolué d’un métier définit à un poste où plusieurs rôles se cumulent. » explique Cécile Dejoux, professeure des universités au Cnam, responsable de la filière des formations RH et directrice du Learning Lab Humain Change. Les managers doivent jongler avec de nombreux impératifs. Ils sont d’un côté confrontés une pression accrue, un travail haché et une demande de concentration importante et de l’autre ils manifestent le besoin de mieux concilier vie personnelle et professionnelle. 49% d’entre eux souhaitent être accompagnés par l’entreprise.

Manager : un rôle en mutation

Mais comment redéfinir ce poste clé ? La réponse est simple pour Cécile Dejoux : « il est nécessaire d’intégrer l’intelligence artificielle dans leur travail. Cette IA pourra s’occuper des tâches administratives chronophages et laisser le manager se concentrer sur l’humain et son équipe ». Le logiciel activ’mm 360 par exemple, analyse les usages des salariés de manière anonyme afin de faire remontrer les données sur les habitudes de travail. Un point qui est aujourd’hui essentiel pour redéfinir les missions de chacun.

Une fois le poste de travail redéfini, comment répondre aux enjeux plus fonctionnels ?

Repenser l’environnement de travail

Si le télétravail est aujourd’hui sur le devant de la scène, c’est parce qu’il y a une raison à ça : l’épuisement intellectuel. Les open spaces sont remis en cause, les salariés s’équipent de casques antibruit, et les troubles de l’attention augmentent de façon exponentielle confirme Cécile Dejoux. « Il y a trop d’observation des pairs dans l’entreprise. Nous évoluons parmi nos collègues, dans des logiques de non-concentration. Les managers sont tout le temps déconcentrés et interrompus, ils sont de plus en plus stressés et cela devient ingérable pour eux. L’entreprise veut désormais leur imposer des flex offices, mais ils perdront encore plus en efficacité. La solution réside peut-être dans le télétravail ou dans l’investissement de la part de l’entreprise dans des lieux permettant de se concentrer et réfléchir. »

Décompresser pour mieux manager

Si les défaillances viennent du lieu de travail, il existe en tout cas une répercussion sur la vie personnelle. Un chiffre arrive en tête, celui de 46%. C’est le taux de managers ayant des difficultés à concilier le travail avec d’autres engagements. Soit 10% de plus que le reste des salariés. Une donnée qui se croise, assez facilement avec la conjugaison des priorités 48% et la volonté d’accompagnement de la part de l’entreprise. Ils sont par exemple les premiers à désirer, si cela est proposé, un programme sportif pour décompresser.
Décompresser, est l’une des priorités de ces managers qui deviennent friands des sessions de méditations et de sophrologie. Pourquoi ? Car le stress augmente, en parallèle de leur charge de travail.

Le poste du manager a évolué, tout comme ses demandes. Une politique de QVT est une des solutions pour mieux accompagner ses salariés…et ses managers. Une chose est sûre : la demande est là.

 

[1] Chiffres issus de la 11ème édition du Baromètre Santé et qualité de vie au travail 2019 de Malakoff Médéric Humanis

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