Vue d'ailleurs

Montréal vs Paris, et si on changeait de rythme ?

Avec plus d’1,78 million d’habitants, la capitale du Québec se targue d’un taux de chômage de 7,6%. Surtout, la ville n’a pas la même culture du présentéisme qu’en France et la journée de travail s’arrête généralement à 17h. Avec quels effets en matière de QVT ?

Horaires, patrons, tenues, vacances… et mettez de côté l’accent. De nombreuses différences existent entre les habitudes de travail de l’Hexagone et celles de nos lointains cousins canadiens. Et cela passe d’abord par l’humain. Ce prisme est quotidiennement mis en avant et abordé du côté organisationnel et structurel. Une grosse différence avec la France.

Le travail, c’est le travail, mais pas uniquement

Alors qu’à Paris, rester tard au bureau est bien vu, à Montréal, l’heure c’est l’heure ! Au pays de la poutine, l’employé est présent de 9h à 17h, point final. Il peut toutefois venir plus tôt mais… pour partir plus tôt. C’est donnant-donnant. Parce qu’à Montréal trois choses sont prises en compte : les activités extra-professionnelles, la famille et les afterworks.

Nombre d’employés canadiens ont des activités après le travail. Les Montréalais peuvent même se lancer dans une carrière parallèlement à leur emploi principal. Un directeur des finances peut devenir boxeur professionnel par exemple. Pas de souci donc, pour partir à 17h pétantes ! Côté famille, conjoint(e)s et enfants sont ancrés dans la culture individuelle.

Pour recruter, de nombreuses entreprises permettent à leurs employés d’aménager leur temps de travail afin de rejoindre leur famille.

C’est le cas d’Ernst & Young qui a mis en place une politique interne de gestion de la conciliation travail-famille. L’entreprise a d’ailleurs été récompensée en 2010 du prix Reconnaissance de la région de Québec pour son travail autour de la conciliation de ses temps personnels et professionnels. Un point important pour d’autres entreprises, comme le cabinet comptable Mallette qui permet à de futurs parents de s’absenter pendant leur temps de travail afin de suivre la grossesse en couple.

Un effort notable que l’on remarque également au niveau des pouvoirs publics.
En parallèle, l’État de Québec a mis en place des congés parentaux de 12 à 18 mois, à partager entre les nouveaux parents.

Le « 5 à 7 », une habitude canadienne

L’intégration et l’entente dans l’entreprise sont également un des pans importants de la culture professionnelle. Ainsi, des moments autour d’un verre avec des collègues sont monnaie courante. C’est le fameux « 5 à 7 », cette bulle de détente après le travail que les Canadiens s’octroient de 17h à 19h. Cerise sur le gâteau : les jours fériés. S’ils tombent un samedi ou un dimanche, ils sont reportés au lundi suivant.

Côté relationnel, dans les bureaux, l’ambiance est bien plus détendue qu’en France. Les employés tutoient leurs patrons, qu’importe la hiérarchie, afin d’apporter plus de proximité. Pour poursuivre cette politique, et sauf exception, aucun code vestimentaire n’est imposé. L’employé reste et restera humanisé.
Jean-Pierre Brun professeur de management et directeur de la Chaire en Gestion de la Santé organisationnelle et de la Sécurité du travail à l’université Laval, au Québec a récemment déclaré que « la proximité des managers est un levier très puissant pour les employés ».

Une proximité qui permet également d’obtenir plus de reconnaissance au travail. Un besoin en hausse dans le monde de l’entreprise.

L’entreprise, relais important de la QVT

Surtout, ce rythme a un effet positif : l’employé est en meilleur santé. Et il le doit en partie à son entreprise. « Les entreprises se sont fait le relais des messages de santé publique. C’est une manière d’entrer en action dans le champ du bien-être et de la qualité de vie au travail », expliquait ainsi Valérie Combette-Javault, responsable audit-conseil au sein de Psya, au journal Le Monde.

Montréal 100% QVT

Des bénéfices pour le salarié, mais pour l’entreprise ? La réponse est sans surprise : la santé d’un salarié impacte fortement son milieu professionnel. Selon une enquête de l’association Référentiel de l’absentéisme parue en 2018, 57 % des entreprises sont confrontées à une hausse de l’absentéisme depuis cinq ans.

Pourquoi ? A cause du présentéisme aigue. Ce fléau français. Notre dernière étude sur l’absentéisme maladie réalisée en 2018 vient en expliquer la source : 23% des arrêts maladie prescrits n’ont pas été suivis par les salariés, quatre points de plus qu’en 2016. Ce phénomène s’appelle le « sur-présentéisme ». Il a été défini une première fois par Denis Monneuse, sociologue. Cette pathologie du travail qui vise à être présent coute que coute réduit peut-être l’absence sur le court terme, mais est un réel problème sur le long terme. Il est possible de rencontrer des salariés arrêtés pour plus de 30 jours. Pourquoi ? Car « il faut montrer qu’on est fort, qu’on a les épaules pour le poste », ajoute le sociologue. Un mal physique qui est également psychologique.

Et si l’avenir résidait dans une nouvelle approche des rythmes de travail ?

Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Toutes les informations précédées d'un astérisque figurant sur le présent formulaire de contact sont nécessaires à l'Association de Moyens Assurance de Personnes, ci-après désigné Malakoff Médéric Humanis, responsable de traitement, pour l'Association de Moyens Assurance de Personnes.
Ces données sont destinées uniquement pour vous informer des actualités du comptoir de la nouvelle entreprise.
En application de la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et le cas échéant de suppression des données vous concernant et pouvez vous opposer à leur traitement pour des motifs légitimes. Ces droits peuvent être exercés, en justifiant de votre identité, sur simple demande écrite adressée par email à l’adresse suivante : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou par courrier : Malakoff Médéric Humanis, Pôle Informatique et Libertés Assurance, 21 rue Laffitte 75317 Paris Cedex 9.