Rétro/Projo

Des salariés bien dans leurs assiettes !

La pause déjeuner contribue au bien-être et à la santé des collaborateurs. Bien utilisée, elle permet même d’engager ses équipes et d’attirer les talents. De la gamelle d’hier à la cantine trois étoiles de demain, petite histoire de la cantine d’entreprise.

Souffler un peu pour reprendre des forces et se changer les idées, la mission de la pause déjeuner n’a pas beaucoup évolué depuis ses premières formes, à la fin du 19e siècle. Avec les années, elle est toutefois devenue une alliée incontournable de la qualité de vie au travail.

Hier, la gamelle avalée à la va-vite

Les nutritionnistes en tremblent encore. Au 19ème siècle, la pause déjeuner n’existe pas et chaque ouvrier se contente d’un casse-croûte avalé en quelques minutes. Les cantines apparaissent dans la seconde moitié du 19e siècle, à l’initiative de précurseurs comme la Banque de France (qui crée sa cantine en 1866) et Le Crédit Lyonnais (1897). Elles deviennent un élément de régulation du travail et sanctuarise la pause déjeuner méridienne, qui coupe la journée en deux.

C’est surtout au lendemain de la Seconde guerre mondiale que les cantines prennent leur essor. Les années 1960 représentent l’âge d’or des cantines d’entreprises, favorisées par le décret du 5 octobre 1960 qui impose aux entreprises de plus de 25 salariés de mettre à leur disposition un local de restauration. « C’est aussi la période où le nombre d’ouvriers croît le plus vite – ils représentent 39% de la population en emploi en 1962- et où les femmes entrent massivement sur le marché du travail », note Stéphane Gacon, historien et maître de conférence à l’Université de Bourgogne, dans un numéro spécial de Mouvement social sur l’alimentation au travail (résumé ici). Fini la femme au foyer qui prépare la gamelle de son mari !

Aujourd’hui, un élément essentiel de QVT

Oui mais voilà : disposer d’une cantine ne suffit plus. En ce début de 21ème siècle, les salariés veulent du beau, du bon et du sain ! Souvent jugée bruyante, à la déco parfois déprimante et pas toujours très bonne, la cantine a du plomb dans l’aile. Conscientes du rôle qu’une bonne restauration peut jouer sur leurs salariés, certaines entreprises mettent les petits plats dans les grands. Ainsi, au siège historique de Havas, à Suresnes, le restaurant d’entreprise aux airs de brasserie parisienne est ouvert de 8h à 19h pour favoriser la convivialité en dehors des repas.

On retrouve cette impulsion “quali” chez Elior qui a concocté pour le siège de Carrefour, à Massy-Palaiseau, un espace aux kiosques variés: bar à salade, stand trattoria, grill à burger et même triporteur à hot-dog comme à New York. De quoi satisfaire les palais des 4000 collaborateurs qui y travaillent ! Elior planche également sur un système de restauration modulaire, MaCantine, pour permettre aux entreprises de personnaliser leur offre de restauration et sortir d’une certaine standardisation.

Mais pour faire de la cantine un pilier de la QVT, le nutritionniste Jean-Michel Cohen préconise d’aller plus loin. « Il faudrait davantage tenir compte des pratiques alimentaires des salariés, sachant que certains ne mangent pas de gluten et d’autres ne mangent pas de produits carnés », expliquait-il lors d’une conférence organisée par Sest (Service aux entreprises pour la santé au travail) en 2016 sur le thème « Améliorer ses habitudes alimentaires dans le cadre professionnel ». Bref, penser la restauration d’entreprise comme un service à valeur ajoutée, ce qui en fait aussi un argument pour attirer les meilleurs talents.

Et demain ? Un espace ouvert et multifonctions

Surtout, la cafétéria se réinvente. Pour déjeuner, pour y travailler seul ou mener une réunion, elle devient un espace protéiforme pour coller aux besoins des jeunes générations, plus nomades.

C’est le pari fait par Else&Bang. Cette agence digitale parisienne a aménagé une cuisine dans laquelle les salariés peuvent partager leurs repas voire… cuisiner sur place ! Frigo américain, plaques chauffantes, tables modulables mises à disposition de tous et terrasse avec barbecue l’été, chez Else&Bang, la pause déjeuner n’a plus rien à voir avec la cantine d’il y a trente ans.

Ici, les salariés peuvent travailler autour d’un café, apprendre à mieux se connaître pendant le déjeuner ou tout simplement passer un moment ensemble à regarder le dernier épisode de Game of Thrones. Pour le PDG, cette pièce est devenue un élément central qui contribue à la culture de l’entreprise. « A chaque nouvelle recrue, on prend soin de lui préparer une bannette à son nom dans le frigo. C’est une façon de lui signifier qu’elle est intégrée », poursuit-il. Quand la cuisine devient un outil d’onboarding ! Mais cet espace contribue aussi à l’ouverture aux autres, à la collaboration et à la responsabilisation. Ici, tout le monde participe au nettoyage et prend soin du bien commun. « L’entreprise fournit la vaisselle, ensuite, tout le monde s’organise, résume Hervé Kabla. La notion de partage est importante pour nous : cela fait partie du savoir vivre ensemble. » Gaétan de l’Hermite, président de Compass Group, explique également la nécessité de repenser la cantine comme des espaces ouverts et multifonctions.

La transformation de la cantine d’entreprise souligne bien son rôle-clé en matière de QVT. En choisissant l’alimentation qu’elle fournit à ses salariés, l’entreprise participe à leur santé et leur bien-être. Elle peut même faire passer plusieurs messages positifs en s’engageant pour certaines pratiques (bio, pêche durable…) et engager ses équipes en s’adaptant mieux à leur rythme biologique. Paniers de fruits gratuits, café en libre-service, snackings healthy, frigo collaboratif pour réduire le gaspillage alimentaire… les cafétérias d’entreprise sont devenues de véritables laboratoires d’engagement, de prévention santé et de nouvelles collaborations !

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