Synthèse
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QVT en Île de France : des salariés plus stressés

Pour la 7ème année consécutive (2010 à 2018), le baromètre santé et qualité de vie au travail dévoile, ses résultats concernant l’évolution des indicateurs de la santé et la qualité de vie au travail des salariés de la première région économique française. Focus sur les principaux enseignements.

A l’instar de l’ensemble des salariés interrogés au niveau national, les salariés de l’Île de France se disent satisfaits de leur qualité de vie au travail. La part des salariés franciliens très satisfaits de leur qualité de vie au travail a d’ailleurs augmenté, cette année et passe de 26% en 2017 à 32% en 2018. Cette proportion se rapproche de la moyenne nationale qui est de 35%. Mais cette amélioration ne doit pas amener à négliger les difficultés majeures à prendre en compte et les opportunités d’actions pour les entreprises.

Des conditions de travail moins pénibles mais plus stressantes

Depuis 10 ans, la fatigue physique tend à diminuer grâce aux efforts de prévention des risques professionnels et de l’évolution du travail. Ce retrait de la pénibilité physique du travail est d’autant plus flagrant en Île de France où la population des salariés se caractérise par une plus forte proportion de cadres, de salariés des services et des grandes entreprises et moins d’ouvriers. 40% des salariés franciliens déclarent leur travail physiquement fatiguant contre 48% au niveau national, ils sont également moins nombreux à effectuer des gestes répétitifs et à travailler dans une posture pénible.

A noter que les ouvriers franciliens se révèlent être même mieux lotis qu’à l’échelle nationale. Ils sont, en effet, moins exposés au bruit (38% contre 47% au niveau national) et aux blessures liées aux machines : 45% contre 53% au niveau national.

Cependant, les conditions de travail au bureau sont devenues plus éprouvantes avec un niveau de stress déclaré qui se révèle légèrement supérieur à la moyenne nationale. 47% des salariés franciliens se disent très souvent stressés contre 42% au niveau national.

En dehors de l’accélération du rythme du travail et de l’allongement des périodes de concentration, c’est la gestion des priorités qui est plus problématique chez les salariés franciliens avec 45% ont du mal à gérer les priorités vs 40% au niveau national.

Autre facteur de stress, le temps passé dans les transports. 56% des salariés franciliens passent plus d’une heure par jour dans les transports, un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale (34 %).

Un mode de vie plus sain mais qui présente encore des risques

Pratiquer régulièrement une activité sportive, améliorer son alimentation, diminuer les addictions, les salariés franciliens cochent pas mal de case. La proportion de fumeurs diminue, passant de 25 % en 2010 à 20 % en 2018, chiffre inférieur à la moyenne nationale (24 %) et le nombre de salarié pratiquant un sport au moins une fois par semaine a augmenté de 11 points par rapport à 2011. Ils sont en effet 43% à faire du sport au moins 1 fois/ semaine contre 39% au niveau national.

Concernant l’alimentation, le phénomène de la lunch box tend à se démocratiser auprès des salariés franciliens qui sont de plus en plus nombreux (31%) à apporter au bureau leur déjeuner (+8% en 6 ans).

En revanche, de mauvaises habitudes alimentaires et certaines pratiques addictives persistent. Le grignotage reste toujours bien répandu (48%) et la consommation de somnifères ou d’antidépresseurs ne faiblit pas, concernant 16 % des personnes interrogées (vs 14 % au niveau national). Quant à la qualité du sommeil, les salariés franciliens rejoignent la moyenne nationale avec 1 salarié sur 2 qui pense ne pas dormir suffisamment et 28 % déclarent des troubles du sommeil.

Un équilibre vie pro et vie perso plus difficile à trouver

4ème critère de la qualité de vie au travail, la conciliation vie privée/ vie professionnelle est un sujet de préoccupation majeure surtout pour les salariés franciliens et notamment pour les cadres faisant partie de la tranche d’âge des 30-39 ans. 39 % des salariés franciliens ont toujours des difficultés à concilier travail et engagements personnels ou familiaux. Si ce chiffre s’est stabilisé, il reste mais toujours au-dessus de la moyenne nationale (35%)

Ces difficultés s’expliquent notamment par l’empiétement du travail sur la vie personnelle, toujours aussi important et supérieur à la moyenne nationale : 40% des salariés franciliens consultent régulièrement leurs mails professionnels en dehors du travail, un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale (32%). Enfin, en Île de France, les salariés sont aussi nombreux à s’occuper d’un proche dépendant : 20 %, comme au niveau national.

Une meilleure autonomie et un désengagement stabilisé

La crise de l’engagement n’épargne pas les salariés franciliens. Le sentiment de reconnaissance est toujours en berne avec 4 salariés sur 10 qui ne se sentent pas reconnus par leur hiérarchie. Le phénomène du présentéisme est, quant à lui, plus élevé que la moyenne nationale.

Néanmoins, si les signes de désengagement restent à niveau plus élevé qu’en 2010, la bonne nouvelle c’est qu’ils ne progressent plus. Ainsi les salariés franciliens sont plus nombreux (58%) à se sentir capables de travailler au même rythme dans 10 ans qu’au niveau national (53%). On assiste également à un regain d’autonomie sur certains aspects comme la prise de décisions qui s’est plus développée cette année, surtout chez les cadres. 26% des salariés déclarent ainsi pouvoir prendre des décisions contre 22% en 2016.

Quant à l’envie de prendre un arrêt de travail sans raison médicale, elle a nettement diminuée pour ne concerner que 30% des salariés d’Île de France, soit 4 points de moins qu’en 2017.

Des attentes plus fortes en matière d’accompagnement

Si un tiers des salariés franciliens sont satisfaits par des services apportés par l’entreprise, ils sont plus nombreux qu’au niveau national à souhaiter d’être accompagnés dans l’amélioration de leur santé. En cause : le manque de temps, ou les difficultés à s’organiser. Ainsi, près de 6 salariés sur 10 sont intéressés par les services qui leur proposent de faire de l’exercice, de mieux maîtriser leur alimentation ou encore de mieux dormir. Les salariés franciliens sont davantage en attente de solutions pour mieux concilier vie pro et vie perso notamment grâce au télétravail et une meilleure adéquation ressources/objectifs. Enfin, c’est au niveau organisationnel et managériale que les attentes se font sentir.

Pour en savoir plus sur le décryptage des grandes tendances du baromètre santé et qualité de vie au travail et les chiffres clefs, rendez-vous sur notre 2ème numéro de We Demain ainsi que sur notre data-visualisation.

Les 10 ans du baromètre Santé et QVT résultent d’une enquête de perception unique par son échantillon et sa profondeur historique. Pour l’édition 2018 en Ile de France, l’enquête régionale a été conduite en partenariat par Sociovision entre avril et mai 2018 sur un échantillon de 780 salariés du secteur privé.

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