Synthèse
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Santé & QVT : 10 ans de mutations

A l’occasion des 10 ans du baromètre santé et qualité de vie au travail, Malakoff Médéric dévoile l’évolution des grandes tendances en matière de bien-être au travail et leur impact sur la performance des entreprises. L’hygiène de vie, l’état de santé, les conditions de travail, l’organisation du travail, le management mais aussi l’engagement des salariés et les actions des entreprises, tous ces indicateurs ont été passés à la loupe. Focus sur les principaux enseignements.

Une qualité de vie au travail qui s’est globalement améliorée avec des salariés en meilleure santé et plus confiants mais qui est toutefois, fragilisée par un contexte de transformation des entreprises, tel est le constat lorsqu’on regarde dans le rétroviseur des 10 années d’étude sur la santé et le bien-être des salariés.

Une qualité de vie au travail plus musclée

En 2018, 73 % des salariés se disent satisfaits de leur qualité de vie au travail et 60% d’entre eux déclarent se sentir mieux au travail qu’il y a dix ans. Cette amélioration résulte de plusieurs facteurs. D’abord une pénibilité physique en recul. Seulement 48% des salariés trouvent leur travail physiquement fatiguant contre 54% en 2009. Ensuite, une hygiène de vie qui s’est globalement améliorée avec un nombre de fumeurs en baisse (24% soit -7 points en dix ans), des salariés plus sportifs, 39% d’entre eux pratiquent un ou plusieurs sports au moins une fois par semaine soit une progression de 11 points par rapport à 2009.

Cette amélioration du bien-être global des salariés résulte aussi de la bonne entente avec les collègues, toujours placée par les salariés  en tête des déterminants de la qualité de vie au travail. Le sens du collectif, de la solidarité, de la coopération reste toujours essentiel pour les salariés. 85% d’entre eux estiment qu’ils sont bien intégrés dans leur entreprise et 69% admettent d’être aidés par leurs collègues pour mener à bien leur tâche. Enfin, on assiste à un niveau de confiance qui continue de progresser avec 73% des salariés qui se disent confiants dans leur situation professionnelle, un chiffre en progression de 9 points par rapport à 2012. Mais tous les indicateurs sont loin d’être tous au vert.

Un niveau de stress qui s’accroit

Si les salariés reconnaissent que leur travail est désormais moins fatiguant physiquement, la moitié d’entre eux se disent malgré tout épuisés, 70% trouvent leur travail fatiguant nerveusement et 51% estiment ne pas assez dormir. En dix ans, la pénibilité du travail a changé de nature, l’usure physique tend à être remplacée par l’usure psychologique. Les mutations du monde du travail bouleversé par une digitalisation qui s’est accélérée ces dernières années, explique en partie cette inquiétude. 1 salarié sur 2 a connu au moins un changement de poste lié à une réorganisation, une restructuration d’entreprise. Il y a dix, c’était un tiers. 20% des salariés se disent dépassés par les outils numériques. Et 47% ne sentent pas capables de travailler au même rythme dans 10 ans. Autre facteur de stress : une porosité entre l’univers professionnel et la vie privée qui s’est fortement accentuée avec 46% des salariés qui restent joignables pendant leurs congés. C’est particulièrement le cas chez les cadres (51%) qui consultent leurs mails pro en revenant chez eux ou pendant le week-end, ce qui représente 10 points de plus par rapport à 2013. Cet équilibre est d’autant plus difficile à préserver que de plus en plus de salariés sont désormais aidants. En 10 ans, le nombre de salariés aidants a été multiplié par deux pour atteindre 19%.

Une érosion de l’engagement plus marquée

Face à des changements tout azimut qui viennent bouleverser l’univers professionnel, la qualité de vie au travail reste surtout fragilisée par la crise de l’engagement. Depuis dix ans, les signes de désengagement vis-à-vis du travail ont progressé comme en témoigne le phénomène du présentéisme en hausse avec 16% des salariés qui indiquent en 2018 de « faire de la présence pour de la présence » contre 9% en 2009.

Les salariés sont également de plus en plus nombreux (29 %) à « avoir envie de prendre un arrêt maladie, même lorsqu’ils ne sont pas malades ». Ce chiffre a connu une progression de 11 points en 9 ans. On note malgré tout une stagnation de cette érosion ces dernières années. Depuis 2014, la proportion de salariés qui cherchent à améliorer leur façon de travailler plafonne entre 22% et 23%. Ce désengagement s’explique au regard de l’insatisfaction des salariés par rapport à la reconnaissance de leur travail et de leurs efforts et au manque d’autonomie. Plus de 4 salariés sur 10 ne se sentent suffisamment pas reconnus et seulement 24% d’entre eux déclarent pouvoir prendre des décisions. Moteur de l’engagement, le sentiment de reconnaissance est tellement crucial pour les salariés qu’il est placé au haut du podium des points à améliorer, devant les perspectives d’évolution.

Des entreprises plus légitimes et attendues

En 2016, seulement 56% des dirigeants estimaient l’entreprise légitime pour mettre en place des actions de santé pour les salariés au-delà des obligations légales. En 2018, ils sont 74%. Une conviction qui s’est donc renforcée et qui est partagée par les salariés. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à s’intéresser par les services qui leur proposent de faire de l’exercice, de mieux maîtriser leur alimentation ou encore de mieux dormir. Mais la légitimité d’action de l’entreprise ne se réduit pas seulement à la santé et à l’hygiène de vie et concerne tous les enjeux liés à la transformation du monde du travail : mieux accompagner les salariés dans le développement les compétences technologiques, soutenir les seniors et les salariés en situation de fragilités.

Pour en savoir plus sur le décryptage des grandes tendances du baromètre santé et qualité de vie au travail, les chiffres clefs et les pistes d’action des entreprises, rendez-vous sur notre 2ème numéro de We Demain ainsi que sur notre data-visualisation.

En 10 ans, la pénibilité du travail a changé de nature, l'usure physique tend à être remplacée par l'usure psychologique
Face à des changements tout azimuts qui viennent bouleverser l'univers professionnel, la qualité de vie au travail reste surtout fragilisée par la crise de l'engagement
Pour les salariés, c'est le sentiment de reconnaissance qui doit être amélioré et priorité devant les perspectives d'évolution de carrière

Les 10 ans du baromètre Santé et QVT résultent d’une enquête de perception unique par son échantillon et sa profondeur historique. Pour l’édition 2018, l’enquête nationale a été conduite en partenariat par  Sociovision / IFOP entre avril et mai 2018 sur un échantillon de 3 500 salariés du secteur privé sur 6 grands critères : le genre, l’âge, le statut, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise, ainsi que la région.

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