Parole d'expert

La sécurité émotionnelle, pilier du management bienveillant

Dans leur ouvrage Je manage avec bienveillance, Olivier Truong, Paul Marie Chavanne et Yves Desjacques s’attachent à démontrer que la bienveillance en entreprise concerne la délicate question des émotions et qu’il est nécessaire de savoir bien gérer pour mener l’entreprise sur le chemin de la performance collective !

La vie en entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. Les résultats de notre dernier baromètre Santé et qualité de vie au travail révèlent que le rythme en entreprise s’accélère, les tensions augmentent ainsi que le stress, la fatigue, les remarques blessantes et les incivilités. L’antidote, c’est la bienveillance. Entretien avec Olivier Truong, l’un des auteurs de l’essai Je manage avec bienveillance.

Je manage avec bienveillance n’est-il pas un livre à contre-courant de la réalité en entreprise ?

Au contraire, manager avec bienveillance n’a jamais été autant d’actualité, autant une nécessité. On vit une véritable révolution, comme le fut l’imprimerie en son temps. Tout s’accélère, tout devient plus tendu, avec les mutations du monde économique, l’avènement des objets connectés et de l’intelligence artificielle.

Les entreprises réagissent souvent maladroitement face à ces transformations qui se traduisent alors par plus de stress, plus de pression. Les taux de désengagement n’ont jamais été aussi élevés dans les entreprises en France. Pour pouvoir accompagner ce changement, il faut donc porter l’accent sur la qualité d’accompagnement des personnes dans leur humanité, dans le respect de leur intégrité, de leur travail, de leur rythme face à ces changements.

Pourtant la bienveillance n’est pas une vertu qui fait l’unanimité dans le monde de l’entreprise…

La bienveillance est souvent moquée parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a derrière. On confond cette vertu avec une espèce de gentillesse mollassonne, une complaisance. Or, la bienveillance ça n’est pas de la complaisance, ça n’est pas du laisser-faire, c’est de l’exigence. Elle peut même s’accompagner d’une forme de rugosité.

La bienveillance, ça n’est pas uniquement la relation du manager avec ses collaborateurs. C’est aussi une qualité de travail, dans une organisation claire, qui met en avant la capacité des individus à exercer la subsidiarité, c’est-à-dire leur faculté de jugement et de décision. Comment est-ce qu’on structure le travail pour que chacun y trouve du sens, qu’il y contribue, et que ça compte ?

Pouvez-vous dresser à grands traits le portrait du manager bienveillant, ses principales qualités ?

Le manager bienveillant doit être compétent. Il doit être compris de ses collaborateurs. Il doit donner à chacun le sentiment qu’il est important et reconnu pour ce qu’il fait. Ça n’est ni un pervers, ni une personnalité toxique, ni un manipulateur. C’est quelqu’un qui crée de la stabilité émotionnelle. Il n’a pas de sautes d’humeur. Quand on vient le voir avec un moral un peu bas, c’est quelqu’un qui vous booste. Quand on est stressé, il sait relativiser la tension. Il se débrouille pour que les relations entre collègues ne ressemblent pas à une guerre de tranchées, ou à une compétition, mais soient des relations empreintes d’estime et d’entraide.

La promesse de votre livre, c’est le bonheur en entreprise ?

Pas du tout. Il y a des marchands de bonheur mais ça n’est pas le but d’une entreprise. Le bonheur est d’ailleurs quelque chose d’extrêmement personnel et d’absolument privé. Je suis contre le « chief happiness officer » qui installe un baby-foot et veut te rendre heureux car, si tu es heureux, tu seras plus productif. Ça, c’est absolument manipulatoire, autocratique et pernicieux.

Notre job, c’est de créer une culture de la bienveillance où les gens peuvent expérimenter une relation apaisée avec leur manager, avec leurs collègues, et se sentir bien au travail. Nous voulons créer un environnement qui favorise le bien-être et l’épanouissement au travail. Et ça c’est plus précieux que le baby-foot !

Mots clés :
parole d'expert
Notre newsletter
Recevez tous les mois l'actualité du comptoir mm dans votre boîte mail.

Toutes les informations précédées d'un astérisque figurant sur le présent formulaire de contact sont nécessaires à l'Association de Moyens Assurance de Personnes, ci-après désigné Malakoff Médéric Humanis, responsable de traitement, pour l'Association de Moyens Assurance de Personnes.
Ces données sont destinées uniquement pour vous informer des actualités du comptoir de la nouvelle entreprise.
En application de la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et le cas échéant de suppression des données vous concernant et pouvez vous opposer à leur traitement pour des motifs légitimes. Ces droits peuvent être exercés, en justifiant de votre identité, sur simple demande écrite adressée par email à l’adresse suivante : sgil.assurance@malakoffmederic.com ou par courrier : Malakoff Médéric Humanis, Pôle Informatique et Libertés Assurance, 21 rue Laffitte 75317 Paris Cedex 9.